On pense que ce sont souvent des ingrats et encore plus grave quand ce sont des hommes mariés et pères de famille ; malheureusement c’est souvent qu’ils sont morts et que les autorités du pays n’ont pas averti les familles, ce qui était courant dans un Uruguay en guerre avec des centaines d’émigrants sans papiers.
Dans les trois cas dont je vais parler, deux sont identiques deux Basques Jean Ithurralde de Saint-Etienne de Baïgorry et François Dublanc d’Amorots-Succos.
Tous deux ont émigré avant 1850, ils ne savaient pas écrire, ils ne parlaient que basque mais ce n’était pas un obstacle car les nouvelles arrivaient par d’autres canaux.
La presse uruguayenne annonçait le nom et la provenance des bateaux qui arriveraient dans la semaine. Avec le bouche à oreille, tous les émigrants qui le pouvaient se rendaient au port et comme entre 1840 et 1850 les bateaux déversaient des flopées de jeunes Basques sur les quais de Montevideo, on apprenait que le père, le cousin, le voisin était mort que la plus belle fille du village s’était mariée…
Dans l’autre sens, un écrivain public racontait : « Ici en Uruguay tout va bien, j’ai retrouvé des copains du village, on travaille dur mais on gagne plus qu’au pays …avec toujours un mot de respect pour le père et de tendresse pour la mère. On était pudique jamais on ne se plaignait, avouer que l’on était malheureux était une faiblesse, admettre que l’on avait fait le mauvais choix.
J’ai lu de nombreuses lettres, la plus émouvante disait : « Ici je suis bien mais, Père, n’envoyez pas mes jeunes frères ! »
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