Mourlane Ambroise, Bellocq Marie et Pierre

Escot, vallée d’Aspe

Escot, petit village de la Vallée d’Aspe, actuellement 130 habitants, est un des lieux les plus touchés par l’émigration vers l’Amérique du Sud puis vers l’Amérique du Nord en particulier la Californie.

Firma Ambrosio Mourlane y Firma Pedro Bellocq

Anna Lalanne, originaire et encore domiciliée à Escot malgré ses presque 93 ans, avait tenu à rendre hommage à tous ses compatriotes émigrés pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.

Malgré tout, nous en avions oublié puisque Ambroise Mourlane et Pierre Bellocq ne sont pas dans le tableau affiché en Mairie. Quant à Marie Bellocq c’est une femme, les éternelles oubliées, pas de service militaire, pas d’immatriculation dans leur pays d’accueil.

Réparons vite cet oubli !

La famille Mourlane Bellocq

Le personnage principal sera Anne dite Anitou Bellocq

Anne dite Anitou Bellocq est née à Escot le 27 novembre 1808, fille de Jean-François Bellocq, cultivateur et de Marie Pelilh son épouse.

1) Marie Bellocq est née le 18 mars 1828 fille de Anitou Bellocq.

« Le 18 mars 1828, Jean-François Bellocq, 56 ans, déclare que sa fille Anne Bellocq domiciliée dans sa maison vient d’accoucher d’un enfant de sexe féminin auquel il veut donner le prénom de Marie »

Mariage de Anitou Bellocq en 1844 avec Antoine Pierre Mourlane, déjà deux fois veuf.

« Le 16 août 1844, à la Mairie d’Escot à lieu le mariage de Pierre Mourlane et Anitou Bellocq :

  • l’époux Pierre Antoine dit Cadet Mourlane, 52 ans, né à Issor, journalier, veuf de de Marie Larrecq décédée en 1828 et de Rose Lajanette décédée en 1841 ; Pierre Mourlane est le fils de feu Jean Mourlane décédé en 1821 et de feue Jeanne Loustalet décédée en l’An Onze de la République (1803) ;
  • l’épouse Anne (Anitou) Bellocq, 37 ans, journalière, fille de Jean- François Bellocq, demeurant à Laruns et de Marie David-Pelhil décédée »

2) Ambroise Mourlane naît le 15 septembre 1850,

« Le 15 septembre 1850, Pierre Antoine Mourlane surnommé Cadet, 56 ans, cultivateur déclare un enfant de sexe masculin né de lui et de son épouse Anne Bellocq, 44 ans et auquel il veut donner le prénom de Ambroise. »

Anitou Bellocq épouse de Pierre Mourlane est décédée le 18 juin 1856 à 48 ans dans la maison Mourlane ; moins de trois mois après le 13 septembre 1856, Pierre Mourlane âgé de 61 ans décède à son tour.

A 6 ans, Ambroise Mourlane se retrouve orphelin de père et de mère.

Pierre Antoine Mourlane ayant eu 3 enfants avec chacune des deux épouses précédentes il doit rester des adultes pour s’occuper de l’enfant mais la suite laisse penser que c’est Marie Bellocq, la fille d’Anitou, qui l’élève avec Pierre Bellocq son propre fils

D’après un acte de décès la Maison Mourlane serait située dans la rue du Village, peut-être maison Loustalet.

3) Pierre Bellocq naît le 6 décembre 1853.

« Le 6 décembre 1853, Marie Minvielle épouse de Larrecq Jean déclare que Marie Bellocq âgée de 25 ans, tisserande, célibataire est accouchée dans la maison de feu Joseph Mourlane d’un enfant de sexe masculin auquel elle veut donner le prénom de Pierre. »

(Joseph Mourlane est le frère de Pierre Antoine Mourlane, ces deux familles ont de nombreux liens)

Dans le village d’Escot, le fait qu’une fille célibataire ait un enfant n’a pas l’air d’avoir le caractère honteux et déshonorant que l’on retrouve dans certaines classes de la population. Souvent la fille trouvera un mari plus tard et l’enfant ne sera pas abandonné.

Dans ce pays rude un enfant a une valeur c’est une force de travail pour l’avenir, le travail c’est la survie de ces villages de montagne !

La vie à Escot au XIX ème siècle

Escot est un village en bout de vallée, c’est du centre, du bourg, que part la route de Marie Blanque qui relie la vallée d’Aspe à la Vallée d’Ossau.

Les hommes sont cultivateurs et pasteurs (bergers) de troupeaux de brebis. Les femmes aident aux travaux et en hiver filent et tissent.

Les champs sont pentus, de peu de superficie, des pierres remontent du sol et ne facilitent pas les labours, mais on ne jette rien, ces pierres serviront de clôtures ; les beaux murets de pierres sèches qui maintenant font le charme des villages.

Le troupeau passe l’été dans les fermes d’Escot mais en été ils sont sur les pentes de Marie Blanque ; le berger est un homme rude n’hésitant pas à protéger ses bêtes contre chiens et loups mais aussi à faire respecter les zones de pâturages qui lui été attribuées. On manipule facilement le bâton et le couteau.

La légende, ou récit véridique, raconte que sous l’Ancien Régime, le collecteur d’impôts, jamais le bienvenu, prenait des précautions avant d’entamer sa tournée à Escot.

La police prenait deux ou trois hommes d’Escot et les gardaient sous bonne escorte à l’entrée du village. Dès que le collecteur revenait sain et sauf, on relâchait les otages, sinon…

Changer de vie : émigrer

En 1863 ou 64, Marie Bellocq âgée de 35 ans décide de partir en Uruguay avec son fils Pierre Bellocq, 10 ans et son demi-frère Ambroise Mourlane, 13 ans. Je présume de cette date car lors de son immatriculation à Montevideo en 1875, Ambroise présente un passeport de 1863 ; en général on partait dès le passeport établi.

Pierre Bellocq figurait sur le passeport de sa mère Marie Bellocq.

Cette vallée enclavée et pauvre était truffée d’agents d’émigration : à Asasp, à Oloron etc… Chacun recrutait pour une Compagnie Maritime, la plupart des émigrants partaient de Bordeaux. Bayonne aussi fut un port d’émigration jusqu’en 1860-65 et enfin ceux qui fuyaient le service militaire traversaient les Pyrénées pour s’embarquer à Pasajes, le port de Saint Sébastien.

On ne trouve pas notre petit groupe à Bordeaux, ils sont en règle et n’ont aucune raison d’aller à Pasajes, nous en déduiront que c’est à Bayonne qu’ils prirent le bateau ; Bayonne qui n’a plus aucun document !

L’immatriculation au Consulat de Montevideo

Le 29 septembre 1875, Ambroise Mourlanne, 25 ans, et Pierre Bellocq, 21 ans se présentent au Consulat, Ambroise muni de son passeport et Pierre accompagné d’un témoin Capdevielle, tous deux ont déclaré habiter Montevideo où ils travaillent comme boulangers.

Pierre Bellocq dit être né à Oloron-Sainte-Marie (pas de naissance à cette date, il est bien né à Escot) certainement que Marie Bellocq et son fils Pierre vivaient à Oloron avant le départ.

La vie en Uruguay

1) Marie Bellocq, son demi-frère Ambroise Mourlanne et Pierre Bellocq, le fils de Marie se sontinstallés à Montevideo. Montevideo où de nombreux jeunes gens d’Escot habitaient déjà, et où ils ont certainement retrouvé des parents ou des voisins.

Una vez en Uruguay, Ambrosio, Marie y Pierre mantuvieron un fuerte vínculo, ya que en varias partidas de nacimiento y de bautismo que he ido encontrando a lo largo de los años los nombran como padrinos o testigos. Todos ellos hicieron su vida en Uruguay, se casaron y tuvieron hijos.

Yo desciendo de Ambrosio, él es mi trastatarabuelo. Era el abuelo materno de mi bisabuela paterna.

Marie Bellocq s’est mariée à Montevideo avec Pedro Etchart. Ils ont eu une fille unique Ana Maria Etchart, Marie Bellocq est décédée en 1894 à Montevideo, âgée de 66 ans.

María se casó con Pedro Etchart (francés). No he encontrado ninguna información sobre el matrimonio, por lo que no sé si ya estaban casados en Francia o si se casaron en Uruguay. Ellos tuvieron solo una hija llamada Ana María. María Bellocq falleció en Montevideo en 1894. Hasta donde sé, era ama de casa.

2) Ambroise Mourlane était boulanger à Montevideo, le pain français ! ; en 1874, à 24 ans, il épouse María Díaz, d’origine espagnole.

A Montevideo ils ont eu 7 enfants : Ana, Pedro, Carlos, Isabel, María, Raúl et Esteban.

 Ambrosio est décédé en 1908 à 58 ans.

« Como le comenté, no sé cuándo llegó Ambrosio a Uruguay, pero si sé que se casó con María Díaz (española) en 1874 en Montevideo y tuvieron 7 hijos: Ana, Pedro, Carlos, Isabel, Maria, Raúl y Esteban.

Ambrosio trabajó como panadero y falleció en Uruguay en 1908. »

3) Pierre Bellocq était aussi boulanger à Montevideo ; il s’est marié en 1878 à Cordon, Montevideo avec une jeune basque française née le 30 mars 1857 àSainte-Engrâce Elisabeth Chuburu, fille de Geronimo Chuburu Phordoy et de Maria Guilgorry Chilhanco.

Pedro Etchart, l’époux de Marie Bellocq était témoin au mariage

Pedro Bellocq et Elisabeth Chuburu eurent deux enfants :

  • Pedro Bellocq Chuburu en 1880, marié à Maria Pastorino Collazo en 1913 à Montevideo ;
  • Maria Bellocq Chuburu en 1882.

Pelilh Jean

« Una abuela de Anne Bellocq Pelilh se llamaba Marie Pelihl. No estoy segura de que sea ella quien viajó a Uruguay, pero seguramente estaban emparentadas. »

Comme dit Gabriela, ma correspondante, à Escot, ils sont tous apparentés et retrouvent la famille à Montevideo.

Jean Pélilh est un de cela. Son père était un cousin second de Marie Bellocq

Jean est né le 3 janvier 1859 à Escot fils de Jean-Pierre Pelilh et de Anne Bacheré ; il a émigré à Montevideo où il a travaillé comme boulanger lui aussi, après s’être immatriculé au Consulat, il était passé par Buenos Aires

A Montevideo, il a épousé Engrâce Labaiigt née en 1866 à Escot dont il a eu : Juan Pedro en 1890, Ana en 1892, Felipe en 1894 et Maria Isabel en 1895.

« El año pasado pude conocer finalmente Escot, Oloron y Burdeos. En Burdeos consulté en el archivo, pero no encontraron ninguna información sobre ellos. También conocí a la Sra. Anne Lalanne, quien me comentó que ya no quedaba ningún Mourlane en Escot, solo Bellocqs.

No sabía que la casa de los Mourlane se había caido… Es una gran pena ya que tenía muchas esperanzas de verla en una próxima visita »

Avec la collaboration de Gabriela Peraza, Uruguayenne.

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