Larroudé Bernardo

Bayonne

Article écrit à l’occasion des festivités du centenaire de la localité de Bernardo Larroudé le 14 avril 2008 par Homero Gonzalez, journaliste du Diario la Arena de la province de la Pampa.

Ni consul, ni ingénieur ; qui était Bernardo Larroudé ?

Nous ne savons pas grand-chose de la vie de Bernardo Larroudé, sinon qu’il a été un pionnier du chemin de fer argentin. La plupart des bibliographies donnent des renseignements erronés mais un groupe de généalogistes enthousiastes et désintéressés ont collaboré à cette recherche et trouvé des aspects inconnus de celui qui a donné son nom à une localité de la Pampa.

Il est reconnu que Larroudé a intégré le premier directoire de l’entreprise pionnière des chemins de fer argentins la « Sociedad del Camino de Hierro de Buenos Aires a L’Oeste » D’ailleurs la seule photo de l’homme que l’on connaîsse fait partie de la galerie des portraits des directeurs exposée dans la salle « la Porteña » du Musée provincial « Enrique Daondo » de Lujàn.

Cette société fut constituée en 1853 par un groupe de commerçants et d’hommes d’affaires de Buenos Aires dans le but de construire et exploiter un chemin de fer qui relierait la capitale à l’ouest, aujourd’hui la ville de Sarmiento. Bernardo Larroude en fut vice-président.

Le 30 août 1857, le premier train circula entre les gares Del Parque et de Floresta. Selon certaines versions de l’inauguration « l’ingénieur Bernard Larroudé monté à cheval et brandissant un drapeau argentin »accompagnait le convoi. Selon d’autres historiens, la veille de l’inauguration, on fit un premier voyage d’essai et « l’administrateur Larroude précédait le train à cheval mais il n’est plus mention du drapeau argentin mais d’un drapeau de signalisation. 

L’immigrant français

Selon ce qu’on pu découvrir les généalogistes de Genfrancesa, forum destiné à l’entraide généalogique en espagnol, le 15 mars 1825 Bernard Larroudé a sollicité un passeport pour s’embarquer de Bordeaux vers Buenos Aires. Signalement : jeune homme au visage ovale, cheveux châtains, yeux gris, menton fendu, nez effilé, taille 1,68 m. Il a déclaré être originaire de Bayonne ; il savait signer et se disait commerçant : le but de son voyage « affaires de commerce »Ainsi furent trouvés les actes de sa naissance et du mariage de ses parents. Né à Bayonne dans la rue Pontrique le 15 prairial de l’an IV ( 03/06/1796) fils de Etienne Larroudé, maître serrurier et de Catherine Bernain. Le mariage de ses parents eut aussi lieu à Bayonne le 11 janvier 1791 entre Etienne Larroudé fils de feu Jean et Marie Heguy et Catherine Bernain fille de Jean, commerçant et de Josèphe Castets.

Du titre d’ingénieur que l’on lui attribue on ne sait rien.  

Le commerçant

En Argentine, Bernardo Larroude fut un important fabricant de bougies et de savon qui réussit à imposer ses produits sur le marché de la capitale. Comme matière première, il utilisait une grande quantité de chevaux sauvages, au point qu’en 1852 il dut demander au gouvernement l’autorisation d’abattre 400 juments par mois pendant la fermeture de la chasse c’est-à-dire de août à janvier compris. Il l’obtint à condition que ce soit des adultes de plus de deux ans et qu’elles ne soient pas pleines. Pour la fabrication de ses produits, il utilisait trois puissantes machines à vapeur mais les émanations fétides l’obligèrent à quitter le centre de Buenos Aires. Vers 1857, son économie fut affectée par les apports de capitaux qu’il devait faire à la société des Chemins de Fer pour couvrir les frais de la construction. Il résolut ce problème en faisant un emprunt « al Banco y Casa de Moneda.

Sa vie publique

En plus de sa participation à l’entreprise ferroviaire, avec Daniel Gowland et Adolfo Van Praet, il a intégré la Commission de l’Emigration crée par Bernardo Rivadavia en 1825, commission chargée de s’occuper de l’accueil et du logement des immigrés. Le 1er mai 1852 il fonda le « Club du Progrès » réunissant les notables argentins ou étrangers en vue de créer des relations personnelles, d’uniformiser autant que possible les opinions politiques par des discussions délibérées et de convaincre les hommes d’unir leurs efforts pour le progrès moral et matériel du pays.

Lors du premier Conseil d’Administration seront nommés Manuel Jose de Guerrico, président, Daniel Gowland vice-président, et Bernardo Larroude secrétaire.

Larroude fut aussi, en 1841, un des fondateurs du très fermé « Club des Résidents Etrangers »Le but de ce club était de créer une « Bourse du Marché » La Bourse ferma en 1846, fut ré-ouverte lors de la chute de Rosas et enfin fusionna avec la Bourse du Commerce de Buenos Aires.

Sa vie familiale

Bernardo Larroude se maria le 8 février 1826, peu après son arrivée en Argentine. Son épouse Rosa Lezica appartenait à une famille traditionnelle de Lujàn ; elle fut membre de la Commission des Œuvres de Bienfaisance en 1855.Rosa mourut en 1871, victime de l’épidémie de fièvre jaune. Le couple n’a pas eu d’enfants.

Ainsi il n’y a pas de descendance directe de Bernardo Larroudé mais l’Argentine compte de nombreux Larroude qui pourraient être des neveux car on sait qu’il avait un frère.

Le retour

Bernardo Larroudé très affecté par le décès de son épouse se défait de tous ses intérêts commerciaux et opte pour le retour en France ; il s’installe à Nice où on dit qu’il occupa un poste de consul jusqu’à sa mort. ; mais ni les Archives du Ministére des Affaires Extérieures ni celles de l’Ambassade d’Argentine en France ne gardent une trace de sa nomination.

Son acte de décès établi à Nice le 22 Septembre 1887, à l’âge de 92 ans mentionne seulement « négociant ».

 

Ont collaboré à cette recherche :

  • Christiane Bidot-Naude
  • Daniela Massolo
  • Rubén Gomez Luna
  • Daniel Bilbao

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