Lacaverats Jean Baptiste

Ossès

Jean Baptiste Lacaverats est né le 20 avril 1830 à Ossès au quartier Horça ; ses parents Jean Lacaverats et Dominica Lassave étaient propriétaires de la maison Notaria.

Jean et Domenica se sont mariés à Ossés en novembre 1820 ; Jean est fils de Pierre Lacaverats et de Gratianne Etcheverry, proprétaires terriens et Dominica est fille de Pierre Lassave, maître adventif (gendre) de la maison Baratchart et de feüe Marie Arreguy. Les époux ont 22 ans tous les deux et habitaient le même quartier ; est-ce pour cela que lors de leur mariage ils reconnaissent une fille Gratianne née 3 semaines avant. Gratianne ne sera déclarée officiellement que 2 semaines après le mariage pour que la morale soit sauve, les temps ont bien changé…

Ce couple aura 6 enfants :

  • Gratiane en 1820 mais dont on ne retrouve aucune trace ensuite dans l’état civil
  • Pierre né en 1822 qui émigre en Argentine ; en famille appelé Betti.
  • Jean en 1826 qui émigre en Argentine aussi.
  • Pierre né en 1827 qui émigre également en Argentine ; en famille appelé Piarres.
  • Anne née en 1829 qui décède en 1855, célibataire.
  • Jean né en 1830 qui émigre au Pérou et dont l’arrière-petite fille, Marlene, cherche les racines. Il dira toujours s’appeler Juan Bautista et se rajeunit de dix ans.
  • Jacques né en 1835 qui devient prêtre et reste au Pays basque.

 

L’émigration des frères Lacaverats

Une chose est certaine ce n’est pas la misère qui a poussé ces jeunes gens à quitter le Pays basque. Les parents sont propriétaires de Notaria et Domenica Lassave a apporté une dot de 2400 francs en 1820.

Ce n’est pas non plus le droit d’aînesse puisque personne n’a repris la propriété Notaria pour y vivre. Certainement, le goût de l’aventure et la « bosse » du commerce. Le premier parti en Argentine est Pierre dit Betti, il est immatriculé avant 1839. En 1844, il accueille son frère Jean dit Cabrera ; Jean s’immatricule donc à 18 ans, il est cordonnier, il vient de Montevideo ; c’est le trajet normal car à cette époque le port de Buenos Aires n’était pas apte à recevoir de gros navires. Les passagers changeaient de bateaux à Montevideo et arrivaient en Argentine sur des embarcations plus légères. Comme beaucoup de jeunes paysans les frères Lacaverats ne savaient pas signer et avaient besoin de témoins certifiant leur identité, ce fut Jean Ithouralde, cordonnier, qui fut leur témoin, peut être un jeune d’Ossès mais certainement un Basque.

De Pierre né en 1827 nous ne connaissons pas le départ ni celui de Jean Baptiste.

 

Les Lacaverats en Argentine

Un recensement de 1869, situe Pierre dit Piarres et sa famille à Tucuman au nord de L’Argentine, il a 38 ans, il est marié avec une Argentine Amelia Duhart et il a deux enfants : Alberto, 2 ans et Amelia 1 an. Il n’aura pas d’autres enfants ; il décède en 1873 à 46 ans.

L’autre Pierre dit Betty vit aussi à San Miguel de Tucuman, il est marié à une Argentine Teresa Cainzo et il a 5 enfants : Mathilde, Transita, Alcire, Pierre et Teresa. Pierre décède aussi en 1873 à 51 ans. Dans le recensement de 1895, sa veuve Teresa Cainzo, 52 ans, vit avec ses enfants Transita 30 ans, Alberto (Pierre) 28 ans et Teresa 25 ans. Alberto est médecin.

http://m.lagaceta.com.ar/nota/437226/informacion-general/medico-hombre-publico.html

De Jean dit Cabrera on ne sait rien, seulement il vivait encore lorsque sa mère est décédée en 1874. Je pense qu’il s’est installé à Buenos Aires après avoir vécu à Salta ; son nom est devenu Lacavera.

 

Jean Baptiste au Pérou

Nous n’avons aucun document sur son arrivée au Pérou, a-t-il d’abord émigré en Argentine comme ses frères et puis rejoint le Pérou ensuite ? Jean était un négociant qui a dû parcourir la région des Andes riche en minerais et métaux précieux.

Juan Bautista Lacaverats s’est établi à Sicuani dans la province de Cusco au sud du Pérou. Dans son testament passé en 1901, il dit avoir été marié deux fois : en premières noces avec Peta Valdès Bellido dont il a eu 4 enfants mais seul l’aîné Eulogio a atteint l’âge adulte. En secondes noces, il a épousé Mercedés Wright dont il n’a pas eu d’enfants. Mais ses descendants savent qu’il a éparpillé plusieurs enfants au Pérou dans les régions de Cusco et d’Apurimac ; cela se confirme en lisant son testament car il lègue des sommes d’argent à différentes femmes pour l’éducation de tel ou tel enfant.

Il possédait une maison à Sicuani dans le département de Cusco ainsi qu’un élevage (ganaderia) dans la province de Pancartambo et un autre dans la région de de Canchis, un moulin et une maison à Acopia, province de Acomayo,de nombreux terrainset un immeuble. Sa principale fonction fut collecteur d’impôts auprès des paysans andins ; cela lui a permis d’acheter de nombreux terrains et de faire fortune. Son seul héritier sera son fils Eulogio.

Eulogio Lacaveratz Valdez et son épouse Manuela Chacón eurent des enfants : une fille Guadalupe et des jumeaux dont un seul survivra, Eulogio Constantino, le grand -père de Marlène.

Eulogio Constantino né en 1898, décède en 1950. En premières noces, il épouse Natividad Lobaton qui lui donne trois enfants : Lucinda, Abel et Bertha ; puis il se sépare de son épouse et rencontre Carmen Galindo Paz née en 1908, ils auront sept enfants.

Avec leur fille aînée Maria, le couple part vivre à Tucuman au nord de L’Argentine. C’est à San Miguel des Tucuman que Pierre et son frère Pierre Lacaverats se sont installés en quittant Ossès. Les Lacaverats du Pérou et ceux d’Argentine avaient donc conservé des liens familiaux.

Marina leur seconde fille naît à Tucuman mais les deux fillettes meurent et le couple revient au Pérou. Cinq enfants naissent : Esben, Emperatriz, Alejandro Gustavo, Léonidas et Uriel. Alejandro Gustavo meut en bas âge de la varicelle.

La vie du couple et de leurs quatre enfants se déroule paisiblement à Cusco ; mais la jeune mère Carmen décède à 40 ans. Eulogio Constantino très affecté par le décès de son épouse s’adonne à la boisson laissant les enfants à l’abandon. Esben l’aîné n’a que 14 ans mais il est vif et laborieux et part travailler dans les mines de la procince de Quispicanchis. Il ne reverra pas son père qui décède de la malaria.

Maintenant, les enfants orphelins de père et de mère sont séparés ; Esben part à Lima, trouve du travail et fait venir ses frères et sœurs. La famille est à nouveau réunie et Esben et Empératriz sa sœur, prennent en mains l’avenir des deux petits, jouant le rôle des parents disparus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quatre frères fonderont chacun une famille et ils auront chacun des enfants.

  • Esben se marie a 36 ans et a 4 fils : Marlene, Gladys, Giannina et Esben ;
  • Empératriz est la mère de Jackline, Rocio et Iveth ;
  • Leonidas est le père de Wilde, Hardy et Clyde ;
  • et enfin Uriel a Evelyn, Edwin et Uriel.

  

Le nom Lacaverats au Pérou

La Quinta Lacaverats où Juan Bautista vécut à Sicuari est classé monument historique depuis 2005. C’est dans cette maison qu’a été signé entre le Sud-Pérou et la Bolivie le 17 mars 1836 le « Tratado de la Confederación Perú-Bolivia. »

« Perú Accíon Popular… propone declarar de preferente interés nacional y necesidad pública la conservacíon del inmueble donde se constituyera el Estado sud-Peruano, el 17 de marzo de 1836, en la Quinta Lacaveratz o Manzanaresen la ciudad de Sicuani, departamento del Cusco. »

Maintenant cette maison appartient à la famille Ochoa, famille dont parle Juan Bautista dans son testament.

La Quinta Lacaveratz est aussi citée dans le roman « Aves sin nido » écrit par Clorinda Matto de Turner(Cuzco 1852-Buenos Aires 1909). Clorinda Matto est est une femme de lettres péruvienne de l’époque de l’indépendance latino-américaine, fondatrice du roman indigéniste. Originaire de Cuzco elle a épousé John Turner ; celui-ci a eu des enfants hors du mariage et un de ses fils épousa Lucinda Lacaveratz fille de Eulogio Constantino Lacaverats Chacón.

La Quinta Lacaverats a fait l’objet d’une étude dans la revue :

« Cusco, una ciudad en estudio » qui publie la photo de la maison

http://www.clickcusco.com/contenido/archivos/2013/11/revista-cusco-una-ciudad-en-estudio-sicuani.pdf.

Des descendants de Juan Bautista Lacaverats vivent au Pérou, aux Etats-Unis et Marlene ne Italie.Jean Baptiste Lacaverats est un de ces émigrés, qui après avoir quitté le pays basque sans savoir lire, a réussi à faire fortune par sa détermination, son travail et son intelligence ; fortune qu’il partagea avec de nombreuses personnes. C’était un homme au cœur généreux.

Avec l’aimable collaboration de ses arrière petites-filles : Marlène aidée de Iveth Lacaverats.

 

Marlène dédie cette recherche à Esben Lacaverats Galindo pour ses 80 ans ; elle espère pouvoir amener son père voir la maison Notaria de Ossès en 2015.

 

 

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