Porte-Petit Jean

Cardesse

Jean Porte-Petit est né à Cardesse, canton d’Oloron, le 27 mai 1840. Il est le troisième fils de Joseph Porte-Petit, cultivateur, et de Claire Casaurang, ménagère.

Le 13 novembre 1834, à la Mairie de Ste Marie d’Oloron a eu lieu le mariage de Joseph Porte-Petit né à Cardesse en 1805, fils de Jean Porte dit Petit et de Hélène Guiraud avec Claire Casaurang née à Ste Marie en 1807, fille de feu Jean Jérôme Casaurang et de Jeanne Nouseilles.

Ce qui est remarquable dans cet acte de mariage, c’est que la mère de l’époux, Hélène Guiraut, sache signer d’une écriture ferme et lisible. En 1830, très peu d’épouses savaient signer et pratiquement aucune femme de la génération précédente. Les Porte-Petit étaient instruits ce qui indique que leur situation économique était supérieure aux autres villageois.

Le mariage a lieu à Sainte Marie d’Oloron dans la commune de l’épouse mais le jeune couple s’installe à Cardesse dans la maison Porte Petit.

C’est là que naîtront les trois enfants :

Jean en 1836 ; Léon en 1838 et un autre Jean en 1840.

Jean l’ainé décède à 20 ans en 1858. Léon devient l’héritier. A 28 ans, en 1867, il épouse Marie Guilhem-Bouhaben née et domiciliée à Cardesse. C’est de ce couple que descendent les Porte-Petit habitant toujours la même maison dans le bourg de Cardesse. Cette maison fut longtemps le centre de vie du village car elle était aussi l’auberge où l’on pouvait manger, boire et se réunir.

Jean est un cadet, il est instruit, il a de l’ambition et tout jeune, à 16 ans, il décide de tenter son aventure au Mexique. Embarquement pour Veracruz.

D’autres jeunes gens de la région d’Oloron partent pour le Mexique en particulier Pierre Candaudap. Les familles Porte-Petit et Candaudap garderont des liens étroits au Mexique ; un fils Porte Petit épousera une fille Candaudap.

Des premières années de Jean au Mexique, nous n’avons pas beaucoup de détails, il est négociant, il fait du commerce avec le Béarn ; son frère Léon l’aide dans ses affaires. Jean n’a pas oublié son Béarn natal, il rêve de revenir voir sa famille mais il est parti avant d’avoir fait le service militaire et est frappé par les lois sur l’insoumission dont il attend avec impatience la levée en 1880.

« Il faut, je t´assure, que j´ai le grand désir de vous embrasser à tous pour que je fasse ce voyage qui en plus des grands frais qu´il faut que je fasse, je suis forcé de suspendre presque mes affaires ici, aussi je t´avertis que je ne resterai entre vous autres qu´une quinzaine de jours car je dois être de retour au plus vite. Salue à maman et à toute la famille de ma part et de celle de ma famille et enfants et toi, reçois un embrassement de ton frère qui t´aime. »

En 1876, dans une lettre à sa famille, Jean annonce qu’il a rencontré, il y a sept ans, une jeune femme « un ange » de qui il a déjà eu sept enfants dont trois seulement ont survécu et qu’il veut épouser.

« En 1869 j´ai eu des amours avec une demoiselle fille d´un médecin français appelée Philomène Troubel, J´en fis la victime de ma passion et je lui fis un enfant. Depuis lors je l´enlevai de chez elle et nous avons vécu ensemble jusqu´à présent ayant trouvé en elle pas une femme sinon un ange. Nous avons six enfants garçons et une fille née le 6 de ce mois, desquels il m´en reste seulement trois, le premier de 5 ans, le second de 15 mois et la troisième de 11 jours. Prochainement je me marierai avec elle en vertu de ses grands mérites. Par conséquent je te prie de m´envoyer les papiers nécessaires à ceci et t´en prie de faire part de tout à ma mère ».

 

Jean Porte-Petit est heureux au Mexique avec sa petite famille, son commerce est prospère mais pas toujours facile ; il exporte du café, des minéraux etc…Après un voyage d’affaires au Zacatecas pour voir des minéraux d’argent, il écrit « j´ai été pour y connaitre et pour peu j´y laissais ma vie ». Mais un souci taraude Jean : l’éducation de ses enfants. Son fils aîné a 12 ans et il veut qu’il fasse sa scolarité au Lycée Louis Barthou de Pau que lui-même a peut-être fréquenté.

En 1881, il arrive à Cardesse avec sa femme Filomena et ses cinq enfants : Jorge Adalberto, Ricardo, Natalia, Miguel et Ernesto.

D’après les écrits du fils d’Ernesto, Filomena croyait venir en vacances et repartir au Mexique avec son mari mais Jean avait décidé qu’elle resterait à Oloron et que les aînés seraient scolarisés au Lycée de Pau qu’il payait avec d’énormes quantités de café.

Filomena ne s’adapte pas en Béarn, elle ne s’entend pas avec sa belle-mère qui « ne lui montre que du dédain ». Au Mexique , le négoce de Jean nécessite sa présence ; Filomena n’a pas écrit depuis de longs mois ; Jean est inquiet , il en parle à son frère Léon et lui demande d’intervenir auprès de Filomena pour que les deux aînés soient scolarisés « j´aime a ma femme et a mes enfants donc je ne désire pas leur faire de la peine, mais j´aime que ceux-ci fassent leurs études en France et d´aucune manière je ne puis pas être si longtemps séparé de mon épouse, enfin j´irai là bas en avril et je verrai ce que je décide »

En mai 1884 ; c’est le drame. Filomena a quitté Oloron, on ne sait pas où elle est partie ; on parle de fausse-couche. Jean est atterré, il prend un vapeur passant par New York : il doit être là, il doit savoir …..

De la suite des événements, les descendants ne savent plus rien, ils pensent que Filomena est repartie au Mexique et qu’elle a perdu la raison. Quant à Jean il est décédé en 1888, à 48 ans, après une vie bien remplie mais avec un bien triste épilogue.

En lisant les registres des Archives de Pau, on apprend pourquoi Filomena a quitté subitement Oloron : elle est enceinte et accouche en mai 1884 d’un petit Henri Didier à qui elle donne son nom : Troubel.

Jean est profondément blessé, il intente un procès pour affirmer sa non-paternité de cet enfant et faire nommer un tuteur. Tout laisse à penser qu’il paie tout de même une pension pour Henri Didier car c’est seulement en 1888, à son décès, que l’enfant est abandonné à l’assistance publique.

La vie d’Henri Didier c’est « les Misérables » de Victor Hugo sans l’heureux dénouement des romans. De 4 à 10 ans, Henri Didier est placé à Navailles Angous chez les époux Mesplés ; il va certainement un peu à l’école car il sait lire et écrire. A 7 ans, il est recensé domestique puis il est garçon de ferme dans différents endroits. Au conseil de révision, il est « ajourné pour faiblesse » puis déclaré « bon ». Il obtient un certificat de Bonne Conduite pendant son service militaire. En 1908 ; il est interné à l’Hospice d’aliénés de Cadillac mais malgré cela il est envoyé au front en 1914. Blessé en 1916, il perd l’usage de la main droite et est renvoyé à la vie civile. A partir de cette date, c’est la déchéance ; faible et mutilé il ne trouve plus de travail et essaie de survivre de village en village dérobant du pain, du fromage, des cigarettes, un manteau et diverses bicyclettes qu’il abandonne. Arrêté et condamné, il décède en 1921 à la prison d’Angers.

 

Au Mexique :

La descendance de Jean Porte-Petit vit en grande partie au Mexique mais aussi aux Etats Unis et au Canada. Ils font partie de la très riche bourgeoisie mexicaine d’après un « cousin » français qui les fréquente.

Victor, petit-fils de Natalia et Lourdes arrièrepetite-fille cherchent à sortir Filomena de l’oubli.

 

 

 

 

1925 Natalia, fille de Jean, son mari et sa fille Natalia

 

 

 

 

Un des petit-fils de Jean, fils de sa fille Natalia fut un poète très célèbre au Mexique mais aussi dans le monde littéraire international. Le village de Cardesse le mentionne dans son site :

Jorge Cuesta : (Jorge Mateo Cuesta Porte-Petit), né à Córdoba de Veracruz (Mexique) le 21 septembre 1903 ; décédé à Mexico le 13 août 1942. Petit-fils d’un Cardessien (de la famille Porte-Petit) émigré en Amérique du Sud. Chimiste et journaliste, Jorge Cuesta reste connu pour son œuvre poétique. Sa mort prématurée en 1942 succéda à plusieurs internements psychiatriques. Qualifié de « poète maudit », on le dit encore «el ùnico poeta mejicano con leyenda».

 

 

Les liens entre les familles Porte-Petit de France et du Mexique ont été rompus après les décès de la mère Claire et du frère Léon ; mais en 1973 Natalia (fille de Natalia) petite-fille de Jean a voulu voir Cardesse et retrouver les racines de son grand-père. Elle est revenue avec sa fille Lourdes (Cucú) et sa petite fille Lourdes (Cuquis) qui m’assure avoir cueilli et mangé à Cardesse , les meilleures cerises du monde.

4 thoughts on “Porte-Petit Jean

  1. Bonjour

    J’ai découvert par hasard votre site. Je suis le petit fils de Fernand Porte-Petit qui est aussi originaire de Cardesse. Je recherche aussi des renseignements sur la famille porte-Petit et Cuesta Porte-Petit.

    En recherchant des informations j’ai appris que Jorge Cuesta Porte-Petit était amis avec Diego Rivera (peintre mexicain) il baignait dans ce milieu artistique. Il était aussi éditeur.

    Je suis infographiste à Bordeaux et pratique la peinture (j’ai étudié à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux.) Je souhaite aller un jour au Mexique sur les trace de ces ancêtres.

    Cordialement
    Michel Porte-Petit

    • Hello I am the grand niece of Jorge Cuesta Porte-Petit.My Grandfather was Juan Gustavo Cuesta Porte-Petit .
      Jorge Cuesta Porte-Petit
      Married Diego Rivera’s first wife Guadalupe Marin
      They were very good friends and lived for a time in the same Home (Apts)

      Welcome .!!! You have a big family in Mexico ,With so much History

      Bonjour, Je suis la petite-nièce de Jorge Cuesta Porte-Petit.My grand-père était Juan Gustavo Cuesta Porte-Petit.
      Jorge Cuesta Porte-Petit
      La première épouse de Diego Rivera Marié Guadalupe Marin
      Ils étaient très bons amis et ont vécu pendant un temps dans la même maison (Apts)

      Bienvenue .!!! Vous avez une grande famille au Mexique, avec tant d’histoire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>