Cazot Jean-Fabien / Sarraillé Anne

Arudy / Lurbe

Voici toute une famille de Béarnais d’Arudy en vallée d’Ossau, de Lurbe-Saint -Christau en vallée D’Aspe ; qui ont quitté leurs vallées pyrénéennes pour vivre en Uruguay dans le département de Canelones.

Jean Fabien est né en 1824 à Arudy, c’est l’avant dernier enfant d’une fratrie de huit. Le père Jean Baptiste Cazot est instituteur, la mère Marie-Jeanne Cambus est née dans le village d’Arudy. Jean-Baptiste et Marie-Jeanne se marient en 1813 ; ils ont 27 et 19 ans. La famille s’agrandit très vite et régulièrement : Jean-Louis-Grégoire en 1814, Marie-Pauline en 1815, Louis-Adorateur en 1817, Mathieu-Jean-François en 1819, Jean-Pierre en 1821, Jean-Fabien en 1824 et Marie-Anne-Josèphe en 1825. Il n’y aura plus d’enfants car douze jours après cette naissance ; le père Jean-Baptiste décède à 39 ans. Jeanne-Marie Cambus ne se remarie pas et élève seule ses sept enfants certainement avec l’aide des grands-parents.

En 1847, Jean-Fabien épouse Anne Sarraillé une jeune fille de Lurbe, fille de Pierre Sarraillé et d’Anne Larricq. L’acte de mariage stipule que le père de l’épouse, Pierre Sarraillé, est actuellement à Montevideo.

Pierre Sarraillé et Anne Larricq, mariés à Lurbe en 1821, ont de nombreux enfants : Marie en 1822, Anne en 1824, Catherine en 1826, Pierre en 1830, Louis en 1832, Julien en 1834, Marie en 1837, Joseph en 1839 et Marie- Françoise en 1841. Les fermes de la vallée d’Aspe avec peu de terres labourables et des pâturages de montagne vivent surtout de l’élevage des troupeaux de moutons donnant la viande et le lait utilisé pour la fabrication de l’excellent fromage de montagne. Avec ces ressources, il est difficile de nourrir autant de bouches, c’est pourquoi cette vallée est une terre d’émigration. On recense près de 300 émigrants de 1850 à 1900 sur une population d’environ 500 habitants.

Pierre, le père, est parti essayant de faire fortune avant de faire venir femme et enfants ; mais on gardera la maison Larricq pour pouvoir revenir un jour. Les aînés sont restés, les cadets Louis, Julien et Joseph sont partis en Uruguay ainsi qu’Anne Larricq leur mère.

Jean-Fabien et Anne s’installent à Lurbe dans la maison Larricq, domicile de la famille Sarraillé, car Jean-Fabien Cazot est laboureur ; c’est son frère Mathieu-Jean-François qui continue la carrière familiale d’instituteur. En octobre 1847, Anne Sarraillé donne naissance à une fille Marie-Jeanne Cazot.

Fortune faite en Uruguay, Pierre Sarraillé, rentier, est revenu vivre à Lurbe certainement après le décès de son épouse Anne Larricq décédée en 1870 à Montevideo (Villa del Cerro). En 1874, Pierre se remarie à 71 ans, avec Marie Escoubés d’Issor, 58 ans, mais il décède trois ans après.

 

La famille Cazot en Uruguay

Lors de son immatriculation au Consulat de Montevideo le 12 mars 1859, Jean Fabien Cazot déclare vivre à Montevideo et exercer la profession de laboureur certainement qu’il a émigré en 1848-49.

Mon correspondant uruguayen descendant de Jean Cazot et Anne Sarraillé m’a envoyé un récapitulatif des enfants du couple, Marie-Jeanne, née en France, n’est pas mentionnée. Est-elle restée en France avec ses grands-parents ? quelquefois les jeunes bébés n’étaient pas acceptés sur les bateaux, ils restaient en France jusqu’à ce que la famille les confie à une personne partant pour l’Amérique. Autre hypothèse, elle serait décédée pendant la traversée.

Les dix enfants nés en Uruguay sont : Pedro Roque, Juan, Maria, Luis, Maria Ana, Catalina Casilda, Julio Bautista, Paulina Veronica, Juan José et Bernardo Julián. Sept de ces dix enfants ont fondé des familles en Uruguay. (Cliquer sur le document pour lire)

D’après un document, le couple serait arrivé en Uruguay en 1843 mais la date exacte doit être 1848 (3 et 8 se confondant facilement en chiffres manuscrits)

Ce qui est certain c’est que Jean-Fabien Cazot a su faire fructifier son travail et son argent. En 1871 et 1872, il achète de grandes étendues de terrains sur lesquels, en 1876, sera fondée la ville de San Bautista. Cette petite cité est renommée pour ses élevages de volailles, chaque année en janvier on fête « La fiesta del Pollo y la Gallina ». La famille de Juan Cazot a été une des premières à s’y établir. Voici une vidéo présentant San Bautista

En 1889, La Compañia de Ferrocarriles (Chemins de fer) lui achète une bande de terrain pour y faire passer la voie ferrée ; Jean Cazot offre un terrain supplémentaire de six « cuadras » pour construire une gare qui portera son nom « Estación Cazot ». En 1878, Jean jouit d’une bonne situation économique et des biens « una casa de material de su propiedad, un billar, una casa de madera, y una atahona de dos asientos » (une maison en dur rare à cette époque, une salle de billard très fréquentée, une maison en bois et un moulin muni de deux meules pour que la farine soit plus fine)

Jean Cazot décède en 1908 à San Bautista Uruguay, à l’âge de 84 ans.

 

Avec l’aimable collaboration de Carlos Asuaga d’Uruguay

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