Juyoux Pierre / Geyré Marie Anne

Mifaget / Bruges / Asson

Pierre Juyoux est né à Asson en 1842 ; Marie Anne Geyré est native de Bruges en 1847. Ce couple s’est marié à Bruges le 27 août 1871 : l’époux a 29 ans, il exerce le métier de tisserand, il est le fils de Michel Juyoux et de Jeanne Mesplé ; l’épouse a 24 ans, elle est tricoteuse, fille de Jean Geyré, laboureur mais aussi sabotier et voiturier et Jeanne Crouxet. Dans ces villages les fermes ont de petites superficies surtout dédiées à l’élevage mais les propriétaires exercent souvent une seconde activité dans l’artisanat autour de la laine venant de la toison de leurs moutons.

Pierre Juyoux et son épouse s’installent à Mifaget où le père exerce les professions de tisserand, aubergiste et épicier. C’est à Mifaget, canton d’Arudy que naîtront leurs 5 enfants : Marie Jeanne en 1872, Jean Isidore en 1874, Marie Cyprienne en 1874, Marie Marthe en 1879 et Marie Thérèse Clotilde en 1885. 

L’émigration en Argentine

Quelles raisons poussèrent ce couple à quitter le Béarn ? D’après la famille un incendie détruisit leur maison et leur commerce et d’autres ennuis s’accumulèrent sur leurs récoltes. Autre hypothèse : Martial Geyré, un frère de Anne Marie, avait émigré en Argentine avant 1876 et peut être a-t-il convaincu son beau-frère que l’avenir était meilleur de l’autre côté de l’Océan ? Ni les Juyoux ni les Geyré ne s’immatriculèrent au Consulat de Buenos Aires et nous n’y trouvons aucune trace de Pierre Juyoux. Est-il décédé en France et sa veuve est partie avec les cinq enfants ? Le voyage a été difficile car une épidémie de fièvre jaune, genre de peste, s’est déclarée sur le bateau et l’équipage et les passagers ont été mis en quarantaine sur l’île Martín García, petite île argentine au large des côtes d’Uruguay dédiée aux quarantaines et à l’emprisonnement. Imaginons la vie de ce couple ou de cette mère seule avec 5 enfants dont un bébé de un an ! En plus de l’épidémie, la traversée fut horrible, raconte Marta Maria ma correspondante descendante de Marie Marthe. Il y eut une tempête terrible et la famille assista à l’échouage du bateau sur la côte. Tous les bagages avaient pris l’eau et on dut sécher et désinfecter les malles en les passant dans des fours ; quand ils ouvrirent leurs bagages, les poupées de cire des fillettes avaient fondu …et le souvenir reste dans les familles. Pobrecitas!

El barco en que vinieron, no sabemos si con Pierre o si él ya estaba acá, traía fiebre amarilla, por lo que lo mandaron en cuarentena a la Isla de Martín García. Hubo una tormenta muy fuerte y la familia vio cómo se hundía el barco en la costa. Luego cuentan que pasaron los baúles por hornos para desinfectarlos y cuando los abrieron, encontraron a las muñecas de cera de las niñas derretidas. Pobrecitas! Marta Maria

Le départ et le décès de Pierre Juyoux

André Branger a poursuivi ses recherches et mis fin au mystère du décès de Pierre en retrouvant des actes notariés.

Pierre Juyoux est parti le premier, certainement en 1887 ; le 27 avril, il signe une procuration dans laquelle il désigne son épouse Marie-Anne comme mandataire pour gérer les biens du couple. Le 1ermai 1887, il emprunte 2 000 francs et donne sa maison en caution. Certainement l’argent pour le voyage.

En avril 1889, Marie Anne Geyré, épouse Juyoux, vend des pièces de terre et un jardin. En mai 1889, elle vend l’emplacement d’une maison récemment incendiée, un appentis et un jardin appartenant à son mari. Pierre Juyoux est résidant à Buenos Aires. Pierre possédait déjà la maison et le jardin lors de son mariage.

Le 2 avril 1890, Marie-Anne Geyré signe une procuration qui désigne son père comme mandataire pour gérer ses biens. (Pierre est dit résident à Buenos Aires) et c’est certainement à ce moment qu’elle quitte la France avec ses enfants.

Marie Anne Geyré revient en France pour la succession de son père ; elle est veuve. Pierre Juyoux est donc décédé entre le 2 avril 1890 et le 9 mars 1901.

La vie en Argentine

Leur première destination a été Colonia Yeruá, dans le département de Concordia, province de Entre Rios.

La colonia Yeruá : En 1888, le Congrès national argentin a approuvé l’chat par l’Etat de 47 680 ha pour établir une colonie qui accueillerait les nouveaux émigrants. En 1892, la Colonie comptait 222 parcelles accueillant des familles de 17 nationalités différentes soit 1148 habitants. Maintenant l’agglomération s’appelle Estancia Grande c’est une région agricole dédiée à la culture des citrons, à l’élevage, à l’horticulture et à l’apiculture avec de grandes parcelles boisées, des collines et des fleuves. Wikipédia.

Après quelques années dans la Colonia Yeruá, la famille Juyous est venue s’établir à Buenos Aires où chaque enfant a crée sa propre famille.

 La descendance en Argentine

Marie Jeanne, l’aînée a épousé Caubisen Paumarau, un jeune émigrant venant aussi de Mifaget dont elle eut trois fils. Son époux fut assassiné par un péon dans les champs. Veuve elle se remaria avec Auguste Moly un autre français et eut 2 autres fils. Une anecdote à propos de se remariage : quand Gustave Moly lui demanda sa main, Marie Jeanne aurait répondu

« – Vous voyez bien que nous sommes déjà cinq avec mes deux parents et mes deux fils.

– Je ne vous demande pas un nombre mais seulement si vous voulez m’épouser » répondit le prétendant et le mariage eut lieu.

Marie Cyprienne épousa aussi un Béarnais Jean Capdevielle et elle eut plusieurs enfants.

Jean épousa une Basquaise Magdeleine Echeverria mais il n’eut qu’une seule fille : Maria Anna Juyoux.

 

 

 

 

 

 

Marie Marthe, l’arrière grand-mère de ma correspondante, se maria avec un Español : Angel Moliner. De cette union naîtront 6 filles :

Clotilde, María Marta, María Cristina, María Angélica, Susana

Magdalena, la grand-mère de ma correspondante et María Teresa.

La plus jeune Marie Thérèse Clotilde prit le voile comme religieuse de la Congregación de San José de Montgay de Lyon, sous le nom de Sœur Cristina et devint Mère Supérieure.

Elle fit plusieurs voyages en France.

 Les liens franco-argentins

Pendant une cinquantaine d’années, les liens ne sont pas coupés puisque en 1950 la grand-mère de Marta Maria est venue à Mifaget avec deux de ses filles mais peu à peu les liens se sont distendus au fil des décès de part et d’autre de l’Océan et maintenant la famille et en particulier ma correspondante et un de ses oncles ressentent le besoin de retrouver leurs racines.

Voici son petit mot, traduit par Google après la lecture du blog www.emigration64.org où je retrace des vies d’émigrants.

Chère Christiane : Je viens de voir votre page, me excitait beaucoup, quand vous dites que vous ramener à leurs terres des immigrants. C est une pensée que je garde toujours à l’esprit. Je suis une fille, petite-fille, arrière petite-fille, arrière petite-fille d’immigrants. Ses histoires sont pleines de douleur, d’absences, de la nostalgie de leur terre qui ne se termine jamais.

Mon père, John Arenaza Tribis ARROSPE, est né dans une petite ville, Mundaka, près de Bilbao. Il était sous le bombardement de Guernica. Il a été sauvé par un miracle.

Du côté de ma mère c’est Iparraguirre, Idiazabal, Guipuzcoa. Une autre branche est Galice, Montoto Serum, un autre dans les Asturies, Moliner, et enfin une branche de Béarn: Juyoux-Geyre.

Mon identité englobe de nombreux peuples…

Peut-être que ce travail que nous faisons avec mon oncle Federico Pique Juyoux est une tentative pour rassembler et guérir. Et récupérer la mémoire…

Avec une grande affection

Marta María Iparraguirre Arenaza

Christiane Bidot-Naude avec l’aide précieuse de André Branger qui a fait les recherches d’actes, de Georges Peron et d’Anna Lalanne.

 

Les Geyré de Bruges

Article trouvé par André Branger

L’INDUSTRIE SANDALIERE DE BRUGES

 

Un épisode industriel important de fabrication de sandales s’est déroulé à Bruges de la fin du XIXème siècle jusqu’en 1970.

Dès la fin du XIXème siècle, il existe, dans le bourg de Bruges, une activité artisanale de fabrication de sandales qui fait travailler de nombreux ouvriers qualifiés.

Trois usines sont créées au début du XXème siècle dans ce bassin d’emploi :

L’usine Etchepare, fabricant d’Oloron, s’installe en 1914 à l’emplacement d’un ancien moulin près du Landistou, et implante un corps de bâtiment industriel, typique de cette époque, où travaillent plus de 60 ouvriers.

L’usine Geyré, originaire de Bruges, s’installe en 1920 à l’entrée du village et emploie jusqu’à 140 ouvriers sur place et plusieurs dizaines de sandaliers à domicile.

L’usine Bédat, fabricant d’Oloron, s’installe en 1928 en haut de Maubec et emploie une vingtaine d’ouvriers.

A la même époque, cinq petits fabricants ont des ateliers dans le village, et quatre entrepreneurs d’Oloron font travailler des sandaliers à domicile.

Cette activité importante prend fin progressivement dans les années cinquante et définitivement à la fin des années soixante avec la fermeture l’usine Geyré.

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