Duhour Etienne

Soorts-Hossegor 40

Etienne Duhour est né le 10 septembre 1871 à Soorts dans le département des Landes, fils de Bertrand Duhour, ouvrier, et Marie Mesplet domiciliés dans la maison Maisonnave.

Depuis 1913, Soorts porte le nom de Soorts-Hossegor ayant ajouté le nom de son lac marin Hossegor à son nom originel. Soorts-Hossegor est une station balnéaire « chic » de la Côte d’Argent sur l’Océan atlantique.

Jorge Eugenio fils d’Etienne

Ses parents se sont mariés dans le village en 1862 : l’époux Bertrand Duhour, fils de feu Jean Duhour et Marie Lartigue, est natif d’une famille de laboureurs de Saint-André-de-Seignanx, il a 32 ans et est domicilié à Labenne ; l’épouse Marie Mesplet, fille de Pierre Mesplet et de Marie Despine, a 24 ans elle est née et domiciliée à Soorts, « en état de travail » c’est-à-dire sans profession définie.

Au fil des années, la famille s’agrandit : Marie en 1863, Bertrand en 1865, Jean en 1868, Etienne en 1871 et enfin un autre Bertrand en 1879.

A la fin du XIXème siècle, Soorts n’était pas la station flamboyante que nous connaissons mais un village situé dans la lande en bordure de l’Océan qui n’était pas considéré comme un atout plutôt comme un désagrément, sol sablonneux, vent violent qui déplaçait les dunes …Les deux ressources de la région étaient la résine et le chêne-liège. La résine, sève du pin maritime, donnait la colophane et l’essence térébenthine, produit essentiels avant l’industrie chimique. Le chêne-liège est exploité pour son écorce qui fournit le liège utilisé pour la fabrication des bouchons, la pêche, l’isolation…

Les hommes étaient « bouchonniers » ouvriers dans des usines de transformation du liège.

Bertrand né en 1865 était bouchonnier lors de son service militaire, Jean né en 1868 s’est marié à Benesse-Marenne où il a eu une descendance dans l’agriculture ; Bertrand né en 1879 est entré dans les ordres ecclésiastiques il a fini sa vie comme curé de Bellegarde dans les Landes en 1951 à l’âge de 72 ans, de Marie l’aînée je n’ai pas trouvé de trace, elle a dû se marier dans un village voisin quant à Etienne il a choisi l’émigration.

L’émigration en Argentine

Son registre militaire indique qu’il est « insoumis » parti avant 1891, date du Conseil de révision. A cette date il est boulanger à Moreno en Argentine.

Nous ne trouvons aucune trace dans les visas ni dans les listes de départs. L’émigration était rare dans les Landes car c’était une région de « métayage » où les cadets trouvaient toujours un toit et un lopin de terre à exploiter tandis que le Béarn et le Pays Basque, région de petits propriétaires qui ne pouvaient pas partager leurs terres ont subi une énorme émigration des cadets.

La vie en Argentine

Andrès Duhour, un de ses arrière-petits-fils, recherche ses racines mais il a peu de renseignements sur la vie d’Etienne. « Siempre tuve la inquietud de saber de que región era mi bisabuelo y como era su familia, por lo que les estoy enormemente agradecido ».

Après son mariage avec une jeune veuve espagnole Josefa Mella, Etienne devenu Esteban vivait à Luján dans la Provincia de Buenos Aires où il a dû continuer à exercer son métier de boulanger. Les artisans de bouche étaient très prisés car rares, la majorité des émigrants ne connaissant que les travaux de l’agriculture et de l’élevage.

Selon Familysearch en 1899 il a eu une fille Julia de Josefa Mella ; après leur mariage ils ont fondé une nombreuse famille de huit enfants et de nombreux petits-enfants

Julia a eu une fille, Carmen sans descendance, Antonio a eu 3 enfants, Beltràn 3 enfants également ; Esteban pas de descendance connue ; Teresa un fils ; Juan 1 fils et Jorge Eugenio 3 enfants.

Beltran, Juan et Jorge Eugenio ont vécu à Lujàn ; Esteban à Santa Fe, Teresa à Oliva (Cordoba), Julia et Antonio à Buenos Aires, de Carmen on ne sait rien on pense qu’elle est décédée enfant.

… Le dernier fils Jorge Eugenio né en 1914 est le grand-père de mon correspondant. Josefa, sa mère est décédée peu après sa naissance, certainement des suites de l’accouchement. Plusieurs fils ont continué le métier de « panadero » boulanger dont Jorge Eugenio mais à la troisième génération seul, Pablo Lopez Duhour, petit-fils de Beltràn est boulanger.

« Vivía en Luján pero no sé si antes de casarse pudo haber vivido en Moreno, en la familia varios de sus hijos (mi abuelo y tíos abuelos) eran panaderos, uno de ellos se llamaba Beltrán, como veo que se llamaba su padre. Mi abuelo era el menor de sus 9 hijos (nació en 1914) y creo que por eso no tenemos tantas referencias ni otros recuerdos.
No sé qué otra información podría aportar.
Le estoy muy agradecido »

Andrés Esteban Duhour

D’après les souvenirs de la famille on dit qu’Etienne a émigré «de polizon» c’est-à-dire clandestin. Après la guerre de 1870, la menace allemande planait sur le pays, on prévoyait d’autres guerres et le service militaire fut porté à 5 ans pour ceux qui tiraient le mauvais numéro. Tout émigrant était un soldat en moins d’où une surveillance accrue dans les ports. Les jeunes de la région traversaient les Pyrénées pour rejoindre Pasajes, le port de Saint Sébastien en Espagne.

Ce fut certainement la route d’Etienne, il est vrai qu’on ne trouve son nom ni dans les visas, ni dans les listes d’embarquement, ni dans les registres d’immatriculation à Buenos Aires.

Avoir un frère prêtre était une fierté et un certificat de bonne conduite ou presque… et lorsque Etienne recevait une lettre de son frère Bertrand, curé il les faisait lire à la Basilique de Luján où était installée un Congrégation de religieux français. « Sabíamos que tenía un familiar cura en Francia. Además nos contaban que enviaba sus cartas, o las hacía escribir o leer en la basílica de Luján, dónde había una congregación de religiosos franceses ».

Jorge Eugenio, homme affable et plein d’humour avait tendance à embellir les choses et en Argentine, notre brave curé de Bellegarde était « évêque de Montpellier ». Après tout c’est la même profession mais pas au même grade !

« Luján est principalement connu pour sa grande basilique néo-gothique, construite en honneur de la Vierge de Luján, la sainte-patronne de l’Argentine. Chaque année, environ six millions de personnes suivent un pèlerinage à la basilique, certains venant à pied de Buenos Aires. La ville est connue comme la capitale de la foi et est un des lieux les plus visités de l’Amérique du Sud »

Wikipédia

Dans les recensements argentins on trouve d’autres familles Duhour et Andrès se demandait si tous étaient descendants d’Etienne. Je ne le pense pas car il y a eu d’autres émigrants Duhour partis en Argentine venant des Hautes Pyrénées : Aureilhan et Vic-en-Bigorre mais aussi des Duhourq de Saint Martin d’Arberoue en Pays basque.

Duhour, Duhourq et Dufour ou Dufourq sont des patronymes très proches et qui peuvent être confondus dans les transcriptions.

Avec l’aimable collaboration d’Andrés Esteban Duhour, ingénieur argentin.

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