Latrille Dominique

Pau

Un article paraît dans la République des Pyrénées : Eduardo Owen de Sydney (Australie) cherche les descendants des frères Latrille Loustaunau de Pau.

Effectivement dans ma liste des relevés de passeports de Bordeaux figure Dominique Latrille de Pau parti en 1838 pour Valparaïso au Chili. Le lien est établi.

Dominique Loustau né à Pau le 23 février 1817 est le troisième fils de François Latrille, vitrier, et de Marguerite Loustaunau.

Le 30 Juin de l’an 1812 de L’Empire à Lacommande, canton de Lasseube, arrondissement d’Oloron sont comparus pour célébrer leur mariage François Latrille, vitrier, 25 ans fils légitime de Dominique Latrille, Maître vitrier à Oloron et de Marguerite Cazanave d’une part et d’autre part Marguerite Loustaunau, 25 ans, née hors mariage de Jean Loutaunau de Lacommande, présent et de Anne Bérot, absente mais consentente domiciliée à Pau, épouse de Silvestre Marcaune.

Le couple François Latrille et Marguerite Loustaunau aura 7 enfants.

En 1813, Jean Silvestre qui épousera Anne Capdelabat en 1843 et décédera à Pau en 1878 à l’âge de 65 ans, après avoir exercé la profession de peintre vitrier

En 1814, Jean qui décède en 1845 à l’âge de 31 ans, célibataire.

En 1817, Dominique qui part au Chili en 1838 et qui sera connu sous le nom de Domingo Latrille Loustaunau

En 1820, Jean Roch dont on perd la trace mais qui est le frère cadet de Domingo, il partagera ses aventures et son apogée ; il est connu au Chili sous le nom de Maximo Latrille Loustaunau. Domingo appellera son premier fils François comme son père et son second Maximo Roch certainement comme son frère. On pense qu’il est resté célibataire et qu’il est revenu en France pour finir ses jours à Bordeaux (à ce jour pas de preuve)

En 1824, Marie Antoinette Henriette qui décèdera à 5 mois

En 1828, François Louis

En 1832, Françoise Euphrasie

François Latrille est décédé en 1854, son épouse Marguerite Loustaunau en 1855 ; à leur décès tous deux vivaient maison Batsalle, rue Tran, à Pau.

 

Le 13 mars 1838 Dominique Latrille obtient son passeport pour Valparaiso, les historiens chiliens notent son arrivée au Chili en 1840. Comment se faisait la traversée vers le Pacifique ? Certains débarquaient en Argentine et traversaient la Cordillère des Andes à dos de mulets, d’autres contournaient par le détroit de Magellan….

Dès son arrivée, notre Béarnais transforme son nom en ajoutant le patronyme maternel, voici Domingo Latrille Loustaunau sur le sol chilien, il a 23 ans. Il part aussitôt travailler dans diverses activités minières à Cobija, port minier au nord du désert d’Atacama situé à cette époque en territoire bolivien. C’est pendant la guerre du Pacifique de 1879 à 1884 que la Bolivie perdra son accès à l’Océan au bénéfice du Chili. Actuellement Cobija est en territoire chilien entre Antofagasta et Tocopilla.

Au 19ème siècle « Cobija ou Puerto Lamar est l’unique port de Bolivie, à 30 milles au nord de la baie de Mejillones, sa population est d’environ 1 000 habitants. Cobija est une triste bourgade placée au milieu du désert de sable d’Atacama ; l’eau potable y est très rare, quelquefois un ruisseau appelé Rio Salado, formé par des brouillards condensés, coule d’un ravin au nord de la ville. On a creusé plusieurs puits mais l’eau qu’ils fournissent est saumâtre (Dictionnaire Universel de Guillaumin)

 

En 1841 Domingo Latrille Loustaunau découvre le Guano au nord de la péninsule de Mejillones.

Guano : mot provenant du quechua Wanu est le nom donné aux excréments d’oiseaux marins et de chauves-souris. C’est un très bon engrais …..Le Guano est amoncelé sur le sommet des rochers qui garnissent la côte, Mejillones en contient un riche dépôt, les rochers de Cobija en sont aussi couverts et la baie de Paquico réunit à l’importance des amas, la commodité de l’accès.(Wikipédia)

Le gouvernement bolivien attribue à Domingo Latrille la concession pour l’exploitation du guano de Mejillones. Le premier chargement de 2000 tonnes produite par l’entreprise Latrille part pour l’Europe, en 1841, sur le voilier anglais « Horsburg »

Mejillones qui n’était qu’un petit port de pêche se développe rapidement grâce à ce commerce et certains historiens déclarent Domingo Latrille « fondateur du port minero/guanero « de Mejillones.

Mais Domingo Latrille est « un pionnier », il renonce à l’exploitation du guano en pleine expansion et se tourne vers le minerai de cuivre. Il travaille dans la mine de « Tres puntas » située à l’emplacement qui deviendra le port minier de Tocopilla.

On pense qu’à partir de ce moment il sera accompagné dans son aventure par son frère cadet Jean Roch connu sous le nom de Maximo Latrille Loustaunau. Il acquiert les hauts fourneaux des usines anglaises Neylor Oxley et Cie à Caleta Duende et dirige l’usine de 1857 à 1870.

 

En 1843, il est nommé Consul de France à Cobija. Quel chemin pour ce jeune béarnais qui quitte Pau avec seulement son courage et son intelligence et se retrouve Consul et Chef d’entreprises en moins de 5 ans !!!

 

Domingo Latrille fonde le port de Tocopilla : A la tête des entreprises industrielles situées entre Paquica y Punta Blanca, Latrille demande au préfet de Cobija de solliciter des autorités boliviennes l’autorisation de fonder un port à Tocopilla pour développer la région et permettre les exportations. Le dimanche 29 septembre à 11heures le décret est signé, Domingo Latrille, chargé du projet, donne à la ville une superficie de 30 cuadras sur 20 de large (une cuadra correspond à 100m) Vue l’espace étroit entre la mer et la falaise, ces mesures furent impossibles à respecter.

 

Tocopilla est une ville du Chili (24 000 habitants) située dans la région de Antofagasta.En Aymara, Tocopilla signifie « grand ravin » en effet, la ville se trouve entre la mer et une importante faille qui descend de 2000 m au niveau de la mer. Tocopilla fut fondée en 1843 par le Français Domingo Latrille Loustaunau qui y installa une petite fonderie de cuivre, on y exploite aussi le guano de Punta Paquica et depuis 1870 le salpêtre. (Wikipedia)

 

En 1844, à Cobija, Domingo Latrille épouse Juana Petisco Ramirez péruvienne issue de la bourgeoisie de Lima. Juana est la fille d’un militaire espagnol et d’une Péruvienne, ils sont retirés à Cobija depuis l’indépendance du Pérou

De ce couple naîtront 4 fils : en 1845 Francisco Latrille Petisco, en 1847 Maximo Roch Latrille Petisco, en 1849 Juan Valentin Latrille Petisco et en 1855 Domingo Bernard Latrille Petisco.

L’aventure de Domingo continue, en 1842 avec l’Anglais Tomàs Helaby, il découvre et exploite la mine de cuivre de Chuquicamata. En 1857 avec un Français Maurice Meunier et un guide indien bolivien Hermenegildo Coca, ils s’aventurent dans le désert et découvrent les mines de salpêtre (nitrates) du Salar de Carmen près d’Antofagasta. Cette découverte a lieu neuf ans avant celle de Jose Santos Ossa a qui on attribue la première exploitation du salpêtre. C’est en 1857 aussi que Latrille installe les premiers hauts fourneaux à Tocopilla. L’entreprise prend très vite son essor et en 1859 elle est considérée comme la plus importante du littoral avec 5 hauts fourneaux et 3 tours.

Grisé par ses premiers résultats Domingo Latrille ne cesse de faire croître sa production mais à partir de 1871-72, il essuie des déboires en affaires surtout dans les usines dernières nées. Déçu, il quitte sa famille et sa maison familiale de Caleta Duendes et se retire seul à Huatacondo, un tout petit village. Certains biographes écrivent : pour échapper à des procès, d’autres pour vivre avec une autre femme.

En 1877, le 9 mai un tremblement de terre suivi d’un raz de marée détruit la maison familiale des Latrille. L’état bolivien attribue un nouveau terrain à Tocopilla à Juana Petisco épouse Latrille, elle y fait édifier une nouvelle maison dans la rue San Martin. Ce sera le berceau des descendants des Latrille.

Domingo Latrille Loustaunau décède à 74 ans le 27 avril 1891 à Huatacondo. Il est enterré dans le cimetière du village ; aucun membre de la famille n’assiste à ses funérailles. Pendant de longues décennies la famille n’a pas connu le lieu de la sépulture mais en 2004, un descendant Latrille a fait faire des recherches et le maire de Pozo Almonte a retrouvé la tombe. D’après les Anciens du village les restes de Domingo Latrille avaient été exhumés en grand secret et transportés dans le caveau familial de Tocopilla il y a une trentaine d’années.

En 1894 Juana Petisco, épouse Latrille, décède à Tocopilla où elle est inhumée.

Les enfants de Domingo Latrille
et Juana Petrisco

Francisco Latrille Petisco, le fils aîné, est envoyé à Paris pour faire des Etudes d’ingénieur à l’école des Mines. De retour au Chili, il épouse à Copiaco Isabel Maria Fraga, une Chilienne de Antofagasta. Mariage prolifique : 11 enfants (9 filles et 2 fils)

Francisco eut la chance de découvrir la présence d’eau douce, un trésor dans cette région où l’on devait transporter toute l’eau de Calama. Il fut directeur du Laboratoire de Chimie et Minéralogie, Administrateur de plusieurs mines, Directeur technique de l’Instruction Publique, la Bibliothèque et le Musée de Antofagasta. Il décéda le 8 décembre 1927, consul de France et de Belgique et décoré « Chevalier de la Couronne » par le roi Albert de Belgique.

Maximo Roch Latrille Petisco, second fils termine aussi ses études en France. En 1882, de retour au Chili il explore le désert d’Atacama et établit une très intéressante carte de ce désert. C’est lui qui est chargé de la reconstruction de Tocopilla détruit par le tremblement de terre et le raz de marée.

Il eut deux fils avec une bolivienne Valentina Parra de Tocopilla et deux fils légitimes avec son épouse chilienne Rosalia Gonzalez Rojas.

Ingénieur, il participe à la construction du Chemin de fer entre Tocopilla et le désert. Inlassable explorateur il parcourut tout le désert de la région du Toco, relatant ses découvertes dans un journal de Valparaiso.

En 1943, un petit-fils de Maximo Roch décède « au champ d’honneur » en Angleterre

« Sergent Hector Mario Latrille Soto, mitrailleur dans l’équipage Challier.

Né à Antofagasta au Chili le 9 avril 1910, fils de luis Latrille Parra (Regidor et Délégué de Antofagasta) et de Evira Soto Moraga, petit-fils de Domingo Latrille, fondateur de la ville de Tocopilla ;

Répond à l’appel du Général De Gaulle

Enrôlé le 6 janvier 1942 avec le grade de Sergent au groupe de Bombardement « Lorraine »

Effectue 4 missions de guerre en décembre 1843 avec le même équipage

Est tué le 30 décembre 1943 à la suite d’une collision au décollage » (Collection Alan Rey)

Juan Valentin Latrille Petisco, le troisième est envoyé à la Sorbonne où il obtient le titre de Docteur. Il décède jeune, noyé pendant une compétition sportive de plongée sous marine. Selon la famille, il fut attaqué par un requin. Il était célibataire.

Domingo Bernard Latrille Petisco, le dernier, se marie à Tocopilla avec Gregoria del Carmen Almendares Aros. Ils ont 6 enfants ; tous les Latrille de Tocopilla descendent de ce couple.

En 1903, une des filles de ce couple Juana Isabel Latrille Almendares épouse un Gallois Edward Owen plus connu sous le nom de Eduardo Owen. Leurs enfants sont : Owen Eduardo, Ana, Kenneth (décédée à 4 ans) Juan Valentin et Olga.

 Juan Valentin Owen Latrille, né en 1908, appartiendra à la Compagnie aérienne chilienne LAN CHILE ; dans les années 1940-50 il achève la construction de l’aéroport Barriles à Tocopilla.

C’est son fils Eduardo Owen qui écrit une biographie de Domingo Latrille et qui cherche sa famille en Béarn. Eduardo Owen vit en Australie avec sa famille ; un de ses fils a épousé une Française originaire du Gers et lors du mariage en 2005, il est venu à Pau avec son épouse.

Tocopilla : La maison Latrille et la stèle érigée en l’honneur de Domingo Latrille Loustaunau.

 

Traduction du texte d’Edouardo Owen

 

 

 

 


 

Marco Antonio Latrille, descendiente de Domingo Máximo Latrille Loustaunau hice un Homenaje a su antepasado enterado en Huatacondo

Aquí en link donde se puede ver la video de la ceremon :

Marco Antonio es un apasionado de la cultura y de la literatura de su región al norte de Chile, en Iquique. Es presidente de un taller de de literatura llamado Albricias. Marco gano el Fondo de Arte y cultura de la Ilustre municipalidad de Iquique en 2010 en categoría literatura.

Aquí dos links para conocer el trabajo de Marco Antonio Latrille :

9 thoughts on “Latrille Dominique

  1. Soy primo hermano tuyo. Vivo en Chile, y busco origen de la familia owen en Ingleterra. Saludo. Te conctaré por email, esto es una prueba.

  2. Marco te felicito por tu trabajo literario y por preservar el patrimonio histórico del norte chileno. Ojalá te publiquen el libro en españa.

  3. Dale Marco excelentes relatos. me encantó tu libro. y cuando el otro? sigue escribiendo lo haces muy bien, te felicito y bien por iquique la historia y su gente !!!

  4. Marco ha sido un gusto verte en esta excelente página. llegué a obtener un libro tuyo que trajo mi hermano desde iquique yo estoy en Chañaral después del desastre, todos bien aquí. Siempre supe que serías un buen escritor ahora fuerza y sigue adelante escribiendo más.
    Saludos.

  5. Marco eres un gran escritor preservando el tradicionalismo del norte. Tu familia importante enla comunidad dejó huellas. Tu gran labor cultural ysocial habla muy bien de ti. Tus páginas, actividades, trabajos y libros son estupendos. ¨Sigue adelante porque cada vez creces más y más.

  6. Siempre destacando en grandes eventos. Los salitreros, estudiantes, libros, videos, eres un arsenal de sorpresas. Esperamos tu tercer libro pronto. Esta página maravillosa sirve para saber los orígenes, como el tuyo y de tu familia.

    saludos a la señora Christian Bidot Naude una gran profesional

  7. EmoCioNantE veR genTe de Tu famiLia conStuiR la HistOria deL noRte. Tu VersAtiliDad de deStacA eN las CosaS de Arte con la GenTe.
    Es unA paGina impoRtanTe pAra las FAmiLias de InmiGranTes.

  8. Una gran profesional Christiane Bidot con esta pagina. es un legado a los inmigrantes. Saludos para tí Marco Latrille un hombre con historia en el norte. Un gran escritor.

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