Ségabache Antoine

Vielleségure

Antoine Ségabache né en 1856 dans le village béarnais de Vielleségure émigrera en Argentine après un passage à Cuba. Les Ségabache sont une illustre famille béarnaise dont Nicole Lauda, ayant une ascendante issue de cette famille, a retrouvé et raconte l’histoire. Je lui laisse la parole

Antonio Ségabache et son épouse

Les SEGABACHE, de Vielleségure au Rio de la Plata

Une histoire mouvementée en Béarn.

Qu’est-ce que c’est que ça ? Je n’invente rien, c’est la réflexion marmonnée par une secrétaire de mairie à qui je demandais l’acte de décès d’une SEGABACHE.

En dialecte béarnais, « segue » signifie la broussaille et « bach » en-bas, ce qui évoque une maison ou un terrain situé en contrebas, et envahi par la végétation….

Des origines modestes, semble-t-il ; mais les premiers SEGABACHE ou SEGUABACHE connus de Vielleségure* étaient déjà des notables, probablement de religion protestante.

Malheureusement, à Vielleségure, les registres protestants ont disparu, et il ne subsiste que les registres paroissiaux ou registres de catholicité depuis 1671.

On y trouve deux couples :

Jean de SEGUABACHE et Jeana de CAMI, parents de Jean né et baptisé en 1671,

Bernard de SEGUABACHE, notaire, et Francese COUTURE, parents de plusieurs enfants qui ont reçu tardivement le baptême catholique, en 1679.

A cette période, Louis XIV, roi de France, a organisé des persécutions massives contre les protestants, obligeant les membres de la « religion prétendue réformée » à choisir entre l’exil et la conversion.

Bertrand, né vers 1672, fils des précédents, sera curé de Vielleségure jusqu’à sa mort en 1760.

Jacob de SEGUABACHE, docteur en médecine, était selon toute apparence un autre fils du notaire.

Il a épousé en 1701 Magdelaine de CADAILHON dame d’Athos*.

Dans la principauté de Béarn, une terre noble ennoblissait son propriétaire, et une fille, héritière, transmettait ses biens à ses enfants ; ici, la noblesse est transmise par l’épouse à son mari, puis à leur fils aîné.

Précédemment, le fief d’Athos appartenait à la famille de SILLÈGUE, et a été racheté ensuite par les CADAILHON d’Abitain.

L’église de Vielleségure

Mais inutile de rêver : les liens de parenté de la famille SEGABACHE avec le mousquetaire Armand de SILLÈGUE dit ATHOS ne sont absolument pas prouvés, et ce cadet d’une famille du Béarn, né en 1615 et mort en duel à Paris en 1845, n’a rien à voir avec le comte de la FERE du roman d’Alexandre DUMAS.

Jacob et son épouse ont eu deux garçons (Bernard et Armand) et trois filles (Marie, Jeanne et Françoise).

Bernard de SEGUABACHE le fils aîné (1702-1763) a épousé Jeanne PEYROUTON ou PEYROUTOU, de la paroisse de Saint-Pierre d’Oloron*.

Les PEYROUTOU (faisons-le à la béarnaise) étaient une famille aisée.

Un des fils, Jean PEYROUTOU, né en 1734, était négociant à Valence, en Espagne.

Est-ce qu’il exportait de la laine, du bétail et autres produits agricoles du Béarn au-delà des Pyrénées ? Un commerce prospère à l’époque.

J’ai retrouvé sept enfants du mariage SEGUABACHE – PEYROUTOU parmi lesquels :

Françoise (1755 – 1831) mariée à Jacques LANGLA dit MAUHOURAT, mes ascendants.

Jean (1756 – 1839) notaire, maire de Vielleségure en 1809-1810 et de 1815 à 1831, marié à Catherine CHIBAS-LASSALLE, de Salies* (née vers 1759, décédée en 1824) fille d’un maître sellier.

A la Révolution, la famille a su s’adapter au changement, en abandonnant la particule et le titre de noblesse.

Mais pendant la Terreur, Jean SEGUABACHE a fait l’objet d’une enquête au titre de « la loi des suspects ».

Dans sa séance du 14 Vendémiaire an II (5 octobre 1793) le Comité Révolutionnaire local « constate la levée des scellés apposés chez le citoyen SÉGUABACHE de Vielleségure, duquel il résulte, qu’il ne s’y est rien trouvé, aucun papier ni renseignements suspects. »

Jean et Catherine ont eu quatre enfants :

  • Antoine (1791 – 1855) notaire ; maire de Vielleségure de 1835 à 1848.
La stèle d’Antoine Ségabache

On lui doit la fontaine édifiée sur la place centrale du village. Il a épousé Jeanne Marie Bathilde SORBÉ, la fille de Jean-Baptiste SORBÉ, cultivateur, avocat-notaire, et d’Elisabeth BELLOCQ.

  • Jeanne-Julienne dite Juliette (1793 – 1832) épouse de Pierre SUSBIELLES LAULHÉ, propriétaire rentier à Navarrenx ; ils ont eu plusieurs enfants.
  • Marie-Françoise dite Clotilde (1794 -1874).

Mariée avec Pierre CHARDIER en 1813 à Sauvelade*, contre son gré, elle obtient l’annulation de son mariage par jugement du tribunal de première instance d’Orthez* du 18 mai 1826. Elle s’est remariée avec Jacques GOEYTES en 1836 à Vielleségure.

  • Marthe dite Annourine (1796 – 1824) épouse de Bertrand DANTY COSSÉ rentier, mère d’un enfant.
La fontaine au centre du village

Antoine SEGABACHE et Jeanne Marie Bathilde SORBÉ ont eu sept enfants :

  • Jean Amédée SEGABACHE (1815 -1895) a été percepteur à Arzacq*, puis juge de paix suppléant, et enfin juge de paix titulaire du canton de Lagor*, de 1861 à 1886.

Il a été nommé maire de Vielleségure par décret impérial de Napoléon III et a occupé cette fonction entre 1860 et 1861 (à l’époque les maires n’étaient pas élus par les citoyens, mais désignés par le pouvoir exécutif). Il a épousé en 1848 Marie Balbine LAFFON (1825 -1903) rentière. La mariée était la fille de Louis LAFFON (1796 – 1829) propriétaire rentier, et de Françoise SORBÉ (1799 – 1837) ; cette dernière était la fille de Jean-Baptiste SORBÉ et Elisabeth BELLOCQ déjà cités.

  • Élisabeth, Zoé dite Zoé (1817 – 1902) épouse de Jean-Norbert LABOURDETTE notaire, rentier.
  • Jeanne Julie (1820 – 1853) épouse de Dominique NAPIAS propriétaire rentier.
  • Françoise Adelle (1824 – 1825)
  • Françoise, Adelle (1828 – 1918) épouse de François Joseph BETAT commis des postes.

Cette fois, c’est le père de l’époux qui désapprouve le mariage ; un « acte respectueux » lui est signifié par son fils majeur et, cette formalité remplie, celui-ci peut se marier. Deux filles sont nées de cette union : Françoise, décédée à cinq ans et Marie-Céleste Jeanne épouse de Pierre Jean Jacques Angelo COURTIADES-LABARDAC (né en Algérie en 1860) divorcée, puis remariée avec Jean-Pierre LASSERRE de Lédeuix*.

  • Élisabeth, Zoé, Marie dite Élisa (1834 – 1911) épouse de Jean-Baptiste CADAILLON, maître de pension puis maire de Monein* de 1870 à 1884 et conseiller général. Ils ont eu au moins huit enfants nés à Monein entre 1860 et 1876.
  • Jean Annibal Ulysse Marie (1837 – 1838 ; décédé à trois semaines).
La maison Segabache

Jean Amédée et Jeanne Marie Bathilde SORBÉ ont eu trois enfants :

Jeanne, Marie, Bathilde, Camille, Antonia SEGABACHE (1855 -1860)

Antoine, Henry, Joseph SEGABACHE né le 26 novembre 1856 à Vielleségure. (Décédé sans doute en Argentine, je n’ai pas cette donnée pour l’instant.)

Marie Marguerite SEGABACHE (1859 -1859)

L’émigration en Argentine

Antoine Henry Joseph SEGABACHE, marchand de confection à Bordeaux, a fait faillite en 1881.

Il a vécu quelques temps à Cuba.

Le 3 ou 13 juin 1884, il débarque à New York à bord du navire Santiago, en provenance de Cienfuengos de San Jago (Cuba). Profession indiquée sur le registre : marchand.

Par la suite, il a déposé, en France, une demande de visa à destination de Buenos-Aires ; à la date du du 28 août 1889 il indique être cultivateur, avec pour dernier domicile Vielleségure.

Lors du recensement de 1895, il est domicilié Cuartel 07 (Población rural), Coronel Suárez, Buenos Aires.

Acte de mariage

Le 1er juin 1901 à Pigue (province de Buenos-Aires) Antoine, devenu Antonio, épouse Maria Manuela Antonia BARANDIARAN Y AGUIRRE âgée de 23 ans.

Elle est d’origine basque espagnole, fille de Juan Ignacio AGUIRRE et de Ignacia BARANDIARAN.

L’époux est commerçant ; l’épouse est employée de maison (quehaceres domesticos).

Ils ont vécu à Pigue, puis à Puan, province de Buenos-Aires et ont eu quatre fils :

Juan Enrique Amadeo SEGABACHE (1902 -1982).

Il s’est marié en 1933 avec Deliz BARSOTELLI (197-1996) ; lors du mariage, il est employé, elle institutrice (maestra normal).

Antonio Augusto SEGABACHE (1903 -1979) marié.

Maria Albino SEGABACHE (1906 -1906) mort à l’âge de deux mois.

Luis Maria SEGABACHE (1907 -1917) – Mort de méningite.

Les descendants d’Amadeo et Antonio vivent aujourd’hui en Argentine et quelques-uns aux États-Unis.

Nicole Lauda.

* Ville ou village du Béarn.

Quelques photos sont D’Anna Lalanne

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