Bidot-Naude Jean

Pontacq / Bordeaux

Jean Bidot-Naude négociant à Bordeaux

Edouard Manet - Impression Port de Bordeaux

Edouard Manet - Impression Port de Bordeaux

En 1820, Jean Bidot-Naude père, bourgeois de Pontacq, époux de Jeanne Bernata rédige son testament « J’ai eu divers enfants dont quatre sont encore en vie, Jean l’aîné, négociant à Bordeaux, Pierre le second héritier universel de la maison Naude et un troisième fils Jean-Pierre que j’avais envoyé à Bordeaux pour y apprendre le commerce et qui de là passa en Guadeloupe. On n’a pas de nouvelles bien assurées pour savoir s’il est mort ou en vie »

D’après un article de P. Butel « Entre 1780 et1790, Bordeaux se classe au premier rang des ports importateurs de produits coloniaux avant Nantes et Marseille ; de Saint Domingue et les colonies antillaises on importe du sucre, du café et de l’indigo. On exporte du vin, des farines, du bœuf et du beurre salé venant d’Irlande. »

Rassemblant de petits indices glanés au cours du temps, j’ai reconstitué en partie la vie de Jean Bidot-Naude.

Jean Bidot-Naude est né le 11 mars 1770, sous l’Ancien régime, la famille est aisée autant du côté paternel que maternel, ils ont des terres, des héritages de la famille Baillères de Genève et ce sont surtout des commerçants habitués aux lettres de change, aux grandes foires de Toulouse ou Orthez mais aussi à un certain luxe, on achète du vin d’Espagne et du Muscat, du fromage, des tissus d’indienne, des dentelles, deux servantes et deux pasteurs (bergers) sont à leur service.

Jean est parti à Bordeaux, certainement vers 13 ou 14 ans ; son père avait des connaissances sur la place : les Leuger, les Doudet …Il habite le centre de Bordeaux au 60 de la rue de la Porte Salinières. C’est là que vivra sa famille ainsi que les commis et les employés. Jean Bidot-Naude : brun, grand pour l’époque (1,67 m), demanda divers passeports : en 1803 pour se rendre à Hambourg en Allemagne, en 1804 pour St Gall en Suisse.

En 1793, ses parents Jean Bidot-Naude et Jeanne Bernata signent une procuration au Sieur Barthélémy Domecq pour assister au mariage de leur fils à Bordeaux. Le 15 juillet 1793, Jean Bidot-Naude épouse Rose-Marie Souars, il a 23 ans mais l’acte marque 26 ans et elle 18 mais certainement moins.

Marie-Rose est née dans l’île de Saint Domingue, les noms de son père et sa mère sont inconnus mais elle signe avec aisance ; elle est donc instruite.

Agostino Brunias - Trois Femmes créoles accompagnées de leurs enfants

Agostino Brunias - Trois Femmes créoles accompagnées de leurs enfants

Elle était créole, blanche ou métisse ? Certainement très jolie car il existe un de ses portraits dans un musée bordelais mais je n’arrive plus à retrouver la référence.

Le 23 mars 1794, naît leur première fille Marie-Elisa, la maman Marie-Rose a changé de nom elle ne s’appelle plus Souars mais Belso. Quand naît leur seconde fille Jeanne-Catherine-Céphise le 18 mai 1896 c’est toujours le nom Belso qui apparait. Une troisième fille Marie-Emma vient au monde en 1798, la mère s’appelle Belso

Enigme !!! Après avoir passé des heures sur Internet je trouve :

  1. Les Bidot-Naude possédaient le château de Loupiac Gaudiet en 1822.
  2. Le château de Loupiac avait été construit par l’armateur bordelais Jean Belso.
  3.  En 1793, quatre jeunes filles créoles vivaient chez Jean Belso à Bordeaux.
  4. Jean Belso avait des relations avec la Guadeloupe et il était allié à la famille de Mondenard, une vieille famille de Loupiac.

On peut penser que Rose-Marie était aussi une jeune créole rapatriée après la révolte des esclaves en 1791 et vivant chez le très riche armateur Jean Belso à Bordeaux et que Jean Bidot-Naude était un de ces clients tombé sous le charme des Caraïbes.

Dans un état des lieux des habitants des rues du Centre de Bordeaux en 1795, on trouve ceci :

Belso Jean Bordeaux  rue Poitevine bien à Loupiac – a sa charge 4 jeunes creoles parentes d’un beau frère de la guadeloupe qui l’ aidé

 

De nombreux commerçants bordelais ont des biens à Saint Domingue qu’ils perdront lors de la révolte des esclaves.

En retrouvant le livre de compte d’une ferme à Saint Domingue on apprend, l’intendance de la maison, les charges, l’état des bestiaux puis en dernier l’état des « nègres » de l’habitation : décès, naissances…

Avant la révolution française il n’y avait pas d’état civil, en métropole le clergé répertorié des actes mais à Saint Domingue ? On comprend pourquoi Marie-Rose Souars ne connaissait pas les noms de ses père et mère.

octobre

8

La négresse nommée justine à accouchée ce jour d’une fille

1

novembre

1

La négresse martine a accouchée ce jour d’une fille

1

idem

La négresse jeanine manette à accouchée ce jour d’un garçon

1

30

La négresse romaine à accouchée ce jour d’une fille

 

août

6

Ce jour la négresse agnes est morte d’une maladie inflammatoire

1

9

Il est mort ce jour des vers le petit négrillon nommé rupert

1

13

Vendu a M Pavat le nègre nommé georges, bon matelot

1

16

Il est mort ce jour le nègre ignace âgé de 17 ans

1

20

Il est mort ce jour la petite négritte nommée lucie âgée de 2 ans

1

novembre

10

Il est mort ce jour l’enfant de la négresse justine accouché le 8 octobre

1

 

Jean Belso et le château de Loupiac

Château Loupiac-Gaudiet

« L’histoire de ce domaine est intimement liée à celle de ce terroir d’exception, où l’on a l’amour du vin, le savoir-faire, le partage et le respect de l’authentique produit qui est cultivé de génération en génération. Une histoire de famille où l’aventure débute au XVIIIe siècle avec l’armateur Jean Belso qui construisit le château de Loupiac à la dimension de son bateau. »

Jean Belso possédait aussi le château de Couloumey, une belle chartreuse édifiée à Beautiran dans le canton de la Brède.

Les Belso sont originaires de Loupiac et du canton de Cadillac. En 1821 à Loupiac, décède à environ 100 ans, Jean Belso, veuf d’Anne Dubergier habitant au lieu-dit Desclaux et c’est là que fut édifié le château. Les Belso ont aussi des relations avec les Antilles. En 1746, mariage à Pointe à Pitre en Guadeloupe de Arnaud Belso fils de Pierre, bourgeois de Cadillac et d’Isabeau de Mondenard avec Marie-Anne Lemaître née à Sainte Anne de la Goyave. Les de Mondenard sont de Loupiac également.

Comment Marie-Rose Souars dite Belso hérita-t-elle de ce château ? Adoption, filiation ? Ce qui est certain c’est que le château resta dans la famille jusqu’à l’arrière-petit-fils de Jean Bidot-Naude : Reinhold Dezeimeris.

 

La descendance de Jean Bidot-Naude et de Rose-Marie Belso

Mariés en 1793, ils ont trois filles nées à Bordeaux en 1794, 1796 et 1798.

L’aînée Marie-Elisa épouse Jean Baptiste un négociant de Bordeaux ; c’est à Loupiac en 1822 qu’elle va accoucher de sa fille unique. Rose-Marie est veuve puisque Jean Bidot-Naude est décédé en 1820. C’est aussi dans ce château de Loupiac et près de sa mère que décède Marie-Elisa en 1843, Rose-Marie Bidot-Naude a 67 ans.

Odelly, la fille de Marie-Eliza épouse un médecin parisien Dezeimeris, leur fils unique Reinhold, qui porte un prénom allemand en reconnaissance au médecin qui a assisté sa mère lors de l’accouchement très difficile, sera le dernier héritier du château. Il y décède en 1913 sans enfants et le château est vendu en 1919.

« La mère de Reinhold Dezeimeris se nommait Odelly Baptiste. Elle avait hérité de ses grands-parents Bidot-Naude le château Loupiac-Gaudiet à Loupiac. Cette demeure, de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, encore solide de nos jours, se compose d’un corps de logis central formé d’un rez-de-chaussée au milieu duquel s’ouvre une large porte surmontée d’un fronton triangulaire et bordée à droite et à gauche de trois hautes fenêtres ; deux pavillons à un étage encadrent ce corps de logis. Un vaste parc composé d’essences diverses s’étend devant la façade du château. Depuis la départementale n°10, on accède à celui-ci par une allée rectiligne de platanes démesurés au milieu de prés. Les anciens de Loupiac se souvenaient de cette dame distinguée, au visage ouvert et avenant, d’une bonté sans limite, qui accueillait avec son cœur quiconque venait frapper à sa porte »

Reinhold Dezeimeris vécut au château et fit prospérer les vignobles.

« En 1854, Reinhold Dezimeris, grand érudit, membre de l’académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts de Bordeaux mais également président du Conseil général de la Gironde jusqu’en 1899 s’installe au château après la mort de son père médecin, Jean-Eugène, en 1851. Homme d’étude passionné de littérature ancienne et viticulteur savant, il fut en 1863 l’un des principaux artisans de la victorieuse lutte contre le Phylloxéra, un insecte piqueur apparenté aux pucerons originaire des États-Unis, qui ravagea l’ensemble de la viticulture du Vieux Continent. »

La seconde fille Jeanne-Céphise épousa Antoine Leuger dont la famille vient de Pontacq, elle eut une nombreuse descendance.

La troisième fille Marie-Emma épouse Jean Marcel Berniaud, officier de cavalerie et négociant à Bordeaux, elle a aussi une descendance.

N’ayant eu que des filles, le nom Bidot-Naude disparaît de Bordeaux mais dans le cimetière de la Chartreuse reste la tombe de la famille Bidot-Naude ; c’est là que doit reposer Jean Bidot-Naude mais certainement aussi son épouse Rose-Marie Souars Belso.

En mars 1820, à Bordeaux dans sa maison au 60 rue de la Porte Salinières, Jean Bidot-Naude est décédé à 58 ans, six mois avant le décès son père. Dans sa ferme de Pontacq quand le père rédigeait son brouillon de testament que je garde précieusement, il ne savait pas que son fils aîné n’était déjà plus de ce monde.

Après le décès de son époux, Rose-Marie semble s’être retirée à Loupiac ; ses trois filles y résident régulièrement ainsi que ses petits-enfants. J’ai réussi à trouver le décès de l’Aïeule à Loupiac en 1854

Marie-Rose Belso, rentière, âgée de 79 ans, née dans une colonie inconnue de la famille, fille de Jean Belso et de Dame Souars décédés.

Ce mariage Belso Souars a-t-il existé ? Je ne l’ai pas trouvé.

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