Casaurang Joseph/Juan

Sainte-Marie d’Oloron

Une recherche de plus, venant du Mexique, c’est une émigration dont on parlait peu et pourtant ce fut la destination de plusieurs Béarnais d’Oloron et de la vallée d’Aspe.

Joseph Casaurang était le 5ème enfant d’une famille aisée de Sainte Marie, il fut orphelin de père à 2 ans, son frère aîné Jean étant l’héritier désigné par la coutume, Joseph a cherché un avenir plus prometteur dans l’exil et il a réussi.

Joseph devenu Juan au Mexique est né le 20 mars 1810 de Jérôme Casaurang, laneficier (commerce de la laine des moutons) et laboureur et de Jeanne Nouseilles-Géré de Moumour.

Ses parents se sont mariés à Sainte Marie en 1792. Jérôme était fils de feu Laurent Casaurang et de Marie Jeannet ; l’épouse Jeanne Nouseilles était la fille de Bernard Nouseilles et Marie Loustau.

En 1791, un frère de Jérôme avait épousé une sœur de Jeanne ; situation assez courante à cette époque où les mariages étaient souvent «arrangés» par les parents.

Ce couple aura 5 enfants : Marie Thérèse en 1798, Jean en 1803, Marie en 1805, Claire en 1807 et Joseph en 1810.

Le père, Jérôme, décède en 1812 à 48 ans laissant une veuve et cinq enfants de 14 à 2 ans. Jeanne élèvera sa famille et décèdera en 1850 dans la maison Lalotte d’ Oloron Sainte Marie où elle vivait avec la famille de son fils aîné. Elle avait 80 ans.

 

Au Mexique

On ne sait rien du départ de Joseph mais son nom apparaît dans un recensement des Français vivants au Mexique en 1849 : Baillères, Bergerot, Bergès, Bordes, Camou-Juncas, Domecq, Pardies, Supervielle…

Je laisse Paz, une de ses descendantes mexicaines, décrire ce que fut la vie de Juan Casaurang.

Le cuento brevemente lo que sé que no es mucho.

Joseph Casaurang a quién mi abuela le decía Jean, llegó en un barco que traía inmigrantes franceses buscando la nueva Mesopotamia en la America Latina.

Creo también que los que llegaron eran utopistas que seguían a Proudhon y que venían a fundar una nueva forma comunitaria de vivir. Cada uno dedicado a su oficio.

Muchos murieron poco tiempo después de la llegada. La zona estaba infestada de paludismo.

Mi tatarabuelo- abuelo de mi abuela- se hizo rico comerciando con maderas preciosas.

Tuvo 5 hijos, 4 de las cuales fueron mujeres y casi todas viudas, con una biografía terrible. Mi abuela, huérfana de padre y sus hermanos se criaron en la casa Casaurang con su abuelo, tías y primos.

Jean Casaurang hizo en dos o tres ocasiones fortuna. Luego de la muerte de Maximiliano el gobierno incautó los bienes de los ciudadanos franceses. Perdió con ello su dinero. Volvió a hacer dinero, siempre con un aserradero de maderas preciosas 

Se estableció en Coatepec, una linda ciudad colonial con un clima benéfico. 

Se quedó viudo muy joven y vivió en Coatapec rodeado de sus hijas y nietos hasta su muerte en los albores del siglo XX

Hace poco un amigo que vive en Coatepec me comentaba de un cerro que tiene una vereda a la que los lugareños aún llaman el camino del francés 

Uno de sus nietos, primo de mi abuela fue canciller de relaciones Exteriores de México en los años 20. El hermano de mi madre Mario Ojeda fue el presidente del Colegio de México la institución de educación superior más prestigiadaYo me dedico al cine, escribo guiones de cine

Nuestra familia es extensa. Casi todos vivos hoy día en Ciudad de México. Somos, sin excepción de clase media universitaria. Somos una familia mucho más femenina que masculina, por lo que el apellido se ha ido perdiendo. No así el recuerdo. Somos una familia memoriosa.

 

Paz voit l’émigration de son ancêtre comme une utopie, le désir de vivre une vie communautaire selon la théorie de son contemporain le philosophe Proudhon ; né en 1809, partisan du fédéralisme et du mutuellisme et précurseur de l’anarchisme.

Jean a fait fortune avec le commerce des bois précieux mais il a eu aussi des revers lorsqu’à la mort de l’empereur Maximilien fusillé en 1867, tous les biens des Français ont été confisqués par le gouvernement mexicain. Juan a tout perdu mais il a su s’enrichir une nouvelle fois avec le même commerce de bois précieux.

Il a eu 5 enfants dont 4 filles ce qui fait que le nom Casaurang a vite disparu. Resté veuf très jeune, il s’est installé dans la ville coloniale de Coatepec où il a vécu entouré de ses filles et petits enfants jusqu’à vers 1900.

Même si le nom a disparu, la mémoire reste chez les descendants Casaurang qui ont recherché leurs racines françaises. Ils vivent surtout à Mexico faisant partie de la classe moyenne surtout universitaire ou même diplomatique : Consul des relations extérieures, Président de l’université de Mexico. Paz écrit des scénarios pour le cinéma.

 

Les frères et sœurs de Juan Casaurang en France

Marie Thérèse naquit en 1798 ; elle épousa Jean Baptiste Ferran de Sainte Marie en 1821 ; elle eut une nombreuse famille. Deux de ses enfants Jean et Pierre Ferran sont partis rejoindre leur oncle au Mexique.

Jean Baptiste né en 1803 épouse une jeune fille de Légugnon : Anne Mauhourat en 1833 ; ils ont une dizaine d’enfants dont on retrouve la descendance à Oloron et dans la vallée d’Aspe.

Marie née en 1805 épouse en 1829 Joseph Cauhapé-Pennes ; restée veuve jeune elle aura un tragique destin.

Claire née en 1807 épouse Pierre Porte-Petit de Cardesse. Elle a deux fils Jean va rejoindre son oncle au Mexique (voir l’histoire sur ce blog) quant à Jean Léon il continue la ferme et le commerce à Cardesse. Il a lui aussi une nombreuse descendance.

 

Les neveux de Juan Casaurang au Mexique

Jean Porte-Petit de Cardesse et les frères Ferran de Sainte Marie ont donc émigré au Mexique pour travailler avec leur oncle. Jean Porte-Petit a toujours entretenu une correspondance régulière avec son frère Jean Léon resté dans la maison familiale .Voici quelques extraits des 30 lettres écrites par Jean entre 1857 et 1859. C’était un tout jeune homme entre 17 et 19 ans.

Il part de Cardesse vers Bordeaux en 1856 (16 ans), le 20 octobre il embarque en direction de Veracruz où il arrive après 54 jours de navigation.

La traversée a été très agitée par deux fortes tempêtes, une dans le golfe de Gascogne, l’autre dans le golfe du Mexique. Dans les deux jours suivants, deux bateaux sombrèrent faisant de nombreuses victimes.

Une semaine plus tard il se rend chez son oncle Casaurang à Minatitlan.

A Acayucán, Juan Casaurang est le maître de deux grosses propriétés agricoles. L’une d’elle a une circonférence de plus de 14 « leguas » (une legua correspond à 5 à 7 kms) et l’oncle y élève 700 vaches et 1000 chevaux.

L’oncle a aussi deux commerces l’un à Minatitlan et l’autre à Acayucán .Ce sont des négoces de bois précieux ; pour cela il emploie environ 500 ouvriers dans ses forêts. Jean Ferran commande 200 ouvriers, Pierre Ferran est responsable du commerce de Minatitlan et Jean Porte-Petit de celui d’Acayucán.

Mais Jean Porte-Petit ne s’habitue pas facilement à sa nouvelle vie.

Minatitlan est une région insalubre, il a été malade deux fois en 1857 (il a 17 ans) d’abord il a été atteint de filariosis : la filaria est un ver qui parasite les animaux et quelquefois l’homme ; sa seconde maladie a fait de nombreuses victimes mais il ne la nomme pas.

Heureusement il est bien soigné par un médecin français qui s’occupe de la famille et des employés ; certainement le docteur Troubelle dont il épousera la fille : la belle Filomena.

Pendant les épidémies, la ville est pleine de malades, on les enterre comme on enterre les chiens chez nous… pas d’église… pas de cur… aucune cérémonie… on les jette à la fosse… y ya esta !!!

 

Avec l’aimable collaboration de Paz, descendante de Juan (Joseph) Casaurang.

 

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