Labrit Jean Baptiste / Anchou Rosalie

Saucède / Issor

Voici l’émigration type de deux jeunes Béarnais partis avant la guerre de 1870. Baptiste Labrit et Rosalie Anchou se sont rencontrés et se sont mariés en Argentine dans la Province de Buenos Aires, ils ne sont jamais revenus en Béarn mais une arrière-petite-fille du couple : Verónica recherche ses racines.

La famille Labrit de Saucède

Jean Baptiste Labrit né en 1853 est issu d’un couple de laboureurs des environs d’Oloron : Poey d’Oloron, Lay-Lamidou, Saucède, Agnos…

Jean Baptiste Labrit est né en 1843 à Saucède où le jeune couple de ses parents Laurent Labrit et Jeanne Marie Loustau venaient de s’installer comme métayers.

Leur mariage a été célébré en 1839 dans la commune de Lay-Lamidou. Laurent Labrit, âgé de 32 ans, né en 1806 à Poey d’Oloron était domestique ; Marie Jeanne Loustau, âgée de 27 ans, née dans la commune, vivait et travaillait avec ses parents à Lay-Lamidou. Le couple s’installe dans la maison paternelle où nait Jean Baptiste, surnommé Jean, en 1839. Très vite, ils trouvent une ferme en métayage à Saucède et c’est là que la famille s’agrandira au fil des années.

Jean naît en 1841 puis un autre Jean Baptiste, appelé Baptiste en 1843, Jacques en 1845, Marcel en 1847, Simon en 1850 et enfin une fille Marie en 1852 qui décède bébé.

Jean, né en 1839, et Baptiste, né en 1843, choisiront ou seront obligés de choisir l’émigration en Argentine. En général, ce sont les cadets qui émigrent sauf quand le père est jeune et que les fils savent qu’ils devront encore travailler longtemps sous le joug paternel. Simon prendra la suite de son père à Saucède, Jacques se marie à Gurmençon et Simon à Agnos. Marcel meurt à l’armée à 23 ans.

Le père Laurent décède en 1859 à 53 ans tandis que Jeanne Marie Loustau atteint 76 ans et meurt à Agnos chez son fils Simon où elle s’est retirée.

 

La famille Anchou d’Issor

Issor est situé dans la vallée du Barétous au pied des Pyrénées. Saucède est un pays de plaines cultivables, Issor est une région d’élevage.

Les parents de Rosalie Anchou sont Charles Anchou et Catherine Cazaux, les deux sont originaires d’Issor depuis des générations, ce sont certainement des propriétaires de petites fermes vivant de l’élevage des moutons.

Ils se sont mariés à Issor en 1831, Charles avait 22 ans et Catherine seulement 20 ans ; ils auront huit enfants : Jean François en 1832, Marie en 1835, Joseph en 1837, Marie Jeanne en 1840, Marie Julie en 1843, Jean en 1846, Marceline en 1849 et enfin Rosalie en 1853. Tous fondèrent une famille, six en Béarn : les familles Anchou, Moulia, Soulé, Cauhapé, Ponthiou ; et deux en Argentine Jean marié à Catherine Moulia de Lourdios-Ichère et Rosalie qui a épousé Baptiste Labrit de Saucède.

Jean et Rosalie Anchou étaient des cadets, sixième et huitième enfants, c’est en général eux qui émigraient.

Les parents : Charles Anchou est décédé à 50 ans, Catherine Cazaux a vécu jusqu’à 74 ans. La vie était dure, les travaux de la terre pénibles et les hommes mouraient jeunes.

 

Le départ en Argentine

Grace aux registres d’immatriculation du Consulat Français de Buenos Aires, nous avons quelques détails sur les départs de ces jeunes Béarnais. Jean Baptiste Labrit, l’aîné, s’est enregistré en 1871, il est parti en 1855 du port de Pasajes San Sébastian en Espagne sur le bateau Eugénie. Il avait donc 16 à 17 ans et certainement que son jeune frère est parti avec lui vers 12 ans. A cette époque un garçon de douze ans était considéré « en état de labeur » ce qui signifie capable de travailler.

On n’a pas de documents sur le départ de Rosalie Anchou, les filles partaient avec un frère ou un cousin, leur nom n’était pas mentionné. Jean Anchou, son frère, a pris le bateau Amélie à Bayonne en 1863, il avait 17 ans.

 

La vie en Argentine

En 1869, les deux frères Labrit sont recensés à Arrecifes dans la province de Buenos Aires. Ils ont 30 et 26 ans et sont célibataires ; tous deux exercent la profession de « pastor de ovejas » bergers.

Baptiste ou Bautista Labrit, né en 1843, épouse Rosalie Anchou certainement à Adrogué dans la province de Buenos Aires puis ils s’installent à Las Flores, c’est là que naissent leurs cinq enfants : Juan Rufino, Hilario Carlos, Valerio Bautista, Ramón et Serapia Carmen. On trouve toute la famille dans le recensement de 1895, les parents ont 50 et 40 ans (à deux ans près) Juan 20 ans, Carlos 18 ans, Bautista 17 ans et Ramon 13 ans. La dernière petite fille Carmen, 9 ans est dans une autre famille française où elle garde un bébé ; cela était courant car les familles s’entraidaient.

Valerio Bautista est le grand-père de ma correspondante Verónica. Veuf très jeune il a refait sa vie avec Sara Negri avec qui il a eu 13 enfants.

Quant à Jean on le retrouve dans les recensements de 1895 sous le nom de Labrid. Il est propriétaire à San Antonio de Areco, toujours dans la province de Buenos Aires. Il a 56 ans, ce qui correspond à sa date de naissance en 1839, il est marié à Maria Casenave, originaire de France certainement du Béarn, trois enfants vivent encore au foyer : Angela 11 ans, Eduardo 5 ans et Pedro 3 ans. Il doit y avoir d’autres enfants en particulier Juan 18 ans vivant aussi à San Antonio de Areco. Il y a donc une nombreuse descendance Labrit en Argentine.

L’agglomération d’Adroqué est située à une vingtaine de Kilomètres au sud de Buenos Aires. Dans son enfance, le grand Luis Borges a passé de nombreux étés à Adroqué, on retrouve ses souvenirs dans ses livres.

Las Flores est plus éloigné de la Capitale, environ 200 km au centre-ouest. De grandes étendues de terres cultivables attendaient des bras pour les mettre en valeur, ce fut le travail et la chance de nombreux émigrants basques et béarnais.

L’agriculture et l’élevage étaient les principales ressources.

Avec l’aimable collaboration de Verónica Labrit qui a fait toutes les recherches en Argentine.

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