Barbé Pierre / Pédeuboy Jeanne

Lurbe / Lucq de Béarn

Pierre Barbé est né à Lurbe le 10 mars 1877, il est le fils de Jean Barbé, 48 ans, chevrier, et de Marie Cousté, 45 ans, ménagère. Jean Barbé et Marie Cousté se sont mariés à Lurbe en 1872 ; lui était né à Lurbe, fils de Pierre et de Monique Bordenave mais Marie Cousté était origjnaire de Asasp, fille de Pierre Cousté et de Marie Campsusou. Pierre est leur troisième enfant ; lors de leur mariage, ils ont déclaré avoir déjà eu un fils Jean en 1866, puis est née Véronique en 1873 et enfin Pierre.

Pierre a émigré à San Francisco en novembre 1900 sur le bateau Pretoria ; on le retrouve sur les listes de Laplace de Bugnein un des plus importants sous-agents de l’agence d’émigration Depas de Paris. Pierre est parti seul, il avait 23 ans, il est arrivé à New York et à dû subir les contrôles de Ellis Island. Le motif de l’émigration est : rejoindre son cousin à San Francisco.

Les deux autres enfants du couple Jean Barbé et Marie Cousté sont restés au Béarn et même dans le vallée d’Aspe. En 1901, lors du décès de leur père, Jean dit « Joannés » Cousté Barbé était ouvrier à Bidos, Véronique avait épousé Romain Cortès maçon à Oloron Sainte Marie.

Jeanne Pédeuboy est née à Lucq de Béarn le 12 septembre 1880, fille aînée de Jacques Pédeuboy, 29 ans, cultivateur et de Marie Bergerou Montaut, 27 ans, cultivatrice. Jacques Pédeuboy et Marie Bergerou Montaut se sont mariés à Lucq de Béarn en 1879 ; Jacques Pédeuboy est le fils de Blaise et d’Elisabeth Hontaas. C’est une famille de métayers, ils changent de résidence au gré des locations de fermes : Jacques est né au Faget d’Oloron en 1851, en 1879 il est domicilié à Lucq mais ses parents vivent à Saucède. Marie Bergerou Montaut est aussi originaire de Saucède où elle est née en 1853, fille de Jean Bergerou Montaut et d’Anne Mirande, les deux décèdés à Saucède avant 1879.

Jeanne Pédeuboy a aussi émigré vers New York avec les services de Laplace de Bugnein. Elle a embarqué vers New York en février 1899 sur le navire Maasdam pour une traversée de seize jours ; elle avait 18 ans et sa sœur Marie âgée de 16 ans l’accompagnait. Sur les listes d’Ellis Island, il est indiqué qu’elles allaient rejoindre leur oncle Bernard. Bernard Pédeuboy avait rejoint l’Amérique en 1885 à l’âge de 29 ans et depuis il résidait à San Francisco.

Pour rejoindre San Francisco, les deux jeunes filles devaient traverser les Etats Unis en diagonale du Nord-est au Sud-ouest. Elles ont pris le train et ont voyagé pendant une semaine avant d’atteindre la Californie.

La famille Barbé /Cousté en Californie

Pierre Barbé et Jeanne Pédeuboy se sont mariés en 1905 à l’église de notre Dame des Victoires à San Francisco ; les deux jeunes gens ne devaient pas se connaître au Béarn mais en Californie la communauté béarnaise se regroupait et les couples faisaient souvent célébrer leur union à Notre Dame des Victoires que l’on surnommait « l’église des Français ». Pierre avait 28 ans et Jeanne 24 ; ils étaient assistés de Marie Pédeuboy, la sœur de Jeanne et de Pierre Casaubon. Le jeune couple s’installe à San Francisco où naissent leurs trois enfants : Alice, John et Louise.

Pierre a travaillé à Butchertown. Quand San Francisco s’est développé au moment de « la ruée vers l’or » et que des projets de logements résidentiels ont été mis en œuvre, une ordonnance a banni l’abattage des animaux en ville à cause des odeurs et des cris. En 1868, un groupe de bouchers a acheté des terres dans une zone marécageuse de la baie de Bayside au sud-est de San Francisco. Les abattoirs ont été construits sur des pilotis au dessus de l’eau, ainsi l’eau de la marée et des ruisseaux voisins pourraient laver les déchets des abattoirs, des usines de conditionnement et des tanneries. L’apogée de Butchertown s’est terminée avec le tremblement de terre de 1906. Cependant, les abattoirs de la région sont restés pendant plus de soixante ans, le dernier a fermé en 1971.

Un jour Pierre Barbé conduisait un chariot tiré par un cheval et rempli de peaux de bêtes pour les amener à la tannerie voisine ; des ouvriers secouèrent leurs tabliers au moment de leur passage, les chevaux ont pris peur et se sont emballés provoquant un grave accident. Pierre a été grièvement blessé et il est décédé dans la nuit suivante. Il n’avait que 38 ans le 23 mai 1915 et il laissait une veuve et trois jeunes enfants. John, le père de Susan, n’avait que six ans.

Comme de nombreux Béarnais, Jeanne travaillait dans une blanchisserie (laundry) française et pour gagner un peu plus d’argent, elle faisait du repassage le soir chez elle. Après la mort de Pierre, elle a demandé et obtenu la nationalité américaine en décembre 1915. Avec ses économies, Jeanne a réussi à acheter une maison à San Francisco avec une cour et un grand jardin potager. Pour se déplacer, elle marchait beaucoup et prenait les transports en commun.

Jeanne s’est vraiment bien intégrée à l’Amérique, elle ne parlait jamais français à ses petits enfants, elle aimait la langue anglaise et suivait les feuilletons à la télévision. Jeanne n’est jamais revenue en France pour voir sa famille ; elle a vécu à San Francisco jusqu’à sa mort le 18 décembre 1962 à l’âge de 82 ans.

Les petites-filles de Jeanne n’ont pas oublié leurs racines françaises, Susan et sa sœur ont voulu découvrir le Béarn en 2011 et espèrent revenir un jour. Leur désir le plus cher serait de rencontrer des descendants de Véronique épouse Cortès et de Joannès Cousté de Bidos.

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